Branch International, le géant californien de la fintech présent en Afrique, a entamé un plan de réduction d’effectifs au Kenya et au Nigeria. Cette décision intervient malgré des résultats financiers solides, reflétant une tendance croissante de rationalisation dans le secteur fintech africain.

Une décision stratégique, pas financière

Contrairement à de nombreux licenciements économiques observés dans la tech mondiale, Branch assure que cette réorganisation n’est pas motivée par des difficultés financières. Les filiales kényane et nigériane du groupe ont affiché des bénéfices en 2025, contribuant à un profit global de 30 millions de dollars pour l’exercice. « Nous disposons de liquidités importantes et sommes totalement exempts de dettes sur le continent », précise la direction.

Les employés concernés ont été informés lors d’une réunion mondiale le 17 avril, avec une prise d’effet immédiate. Un ancien salarié kényan confie à nos sources que l’annonce a pris de court la majorité des équipes, malgré un climat économique incertain dans le secteur. Branch précise toutefois que ces licenciements ne sont pas liés à des levées de fonds potentielles, alors même que l’entreprise reste profitable dans tous ses marchés.

Des indemnités généreuses malgré le choc

Les termes de rupture, détaillés dans un email interne consulté par nos sources, incluent quatre mois de salaire, les jours de congé non pris et le maintien des assurances santé jusqu’à fin 2026. Une ancien employée nigériane souligne que ces conditions sont « bien au-dessus des standards locaux », tout en regrettant le manque de transparence sur les critères de sélection.

Avec plus de 13 millions de clients et 54 millions de prêts accordés depuis sa création en 2015, Branch reste un acteur majeur du microcrédit digital. Son acquisition en 2022 de Century Microfinance Bank au Kenya avait marqué une étape clé vers la diversification bancaire. Ces licenciements pourraient cependant interroger sur l’équilibre entre croissance organique et maîtrise des coûts dans un environnement réglementaire africain de plus en plus exigeant.

Un secteur fintech en mutation

Cette réorganisation s’inscrit dans un contexte plus large de professionnalisation des fintechs africaines. Après une période d’expansion tous azimuts, les acteurs historiques comme Branch semblent privilégier désormais l’optimisation opérationnelle. Un mouvement qui pourrait annoncer une nouvelle phase de consolidation dans un secteur où la rentabilité devient le critère ultime.