Dans un contexte économique mondial incertain, les licenciements massifs chez les géants technologiques ne sont plus une exception. En Afrique aussi, le secteur tech commence à ressentir ces secousses. Branch, la fintech spécialisée dans le prêt digital et soutenue par Visa, vient d’annoncer des réductions d’effectifs au Kenya et au Nigeria. Une décision surprenante alors que l’entreprise affiche des résultats financiers solides.
Des licenciements brutaux malgré la rentabilité
En avril 2026, Branch a informé un nombre non précisé d’employés de leur licenciement lors d’une réunion globale. Les concernés ont perdu immédiatement l’accès à leurs systèmes internes, signe d’une décision rapide et sans doute difficile. Cette vague de licenciements s’inscrit dans une tendance plus large : Zap Africa, Kuda et Quidax ont également réduit leurs effectifs ces derniers mois.
Ce qui intrigue particulièrement, c’est que Branch affirme ne pas être en difficulté financière. L’entreprise a réalisé un profit global d’environ 30 millions de dollars en 2025, avec des filiales kenyanes et nigérianes rentables. Les licenciements semblent donc motivés par des raisons opérationnelles plutôt que financières.
Une logique de rentabilité accrue
Les investisseurs africains exigent désormais une croissance efficace, sans gaspillage de liquidités. Branch suit cette tendance en optimisant ses coûts. Les employés licenciés ont reçu des indemnités couvrant plusieurs mois de salaire ainsi qu’une prolongation de leur couverture santé.
Cette décision rappelle que, même dans des entreprises en bonne santé financière, les emplois ne sont plus garantis. La tech africaine entre dans une ère de rationalisation où la rentabilité pure ne suffit plus.
Investec vise l’Europe avec une licence irlandaise
Pendant ce temps, en Afrique du Sud, Investec, la cinquième plus grande banque commerciale par actifs, prépare son expansion européenne. La banque a déposé une demande de licence bancaire en Irlande, un mouvement stratégique post-Brexit.
L’Irlande, avec son cadre réglementaire établi et sa main-d’œuvre anglophone, est devenue un hub financier pour les institutions cherchant à accéder au marché européen. Investec, déjà présent à Dublin depuis 2012 via l’acquisition de NCB Stockbrokers, compte servir plus agressivement les clients corporatifs et fortunés en Europe.
Fani Titi, le PDG d’Investec, a indiqué à Bloomberg que la licence devrait être obtenue avant fin 2026. Cette expansion s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation en banque universelle au Royaume-Uni.
Conclusion : un secteur tech africain en mutation
Les licenciements chez Branch et l’expansion d’Investec illustrent deux réalités du secteur tech africain. D’un côté, les startups doivent constamment optimiser leurs structures pour répondre aux attentes des investisseurs. De l’autre, les institutions financières traditionnelles cherchent à étendre leur influence sur des marchés plus larges.
Dans un environnement économique de plus en plus compétitif, la capacité à s’adapter rapidement devient un atout majeur. Les entreprises qui sauront concilier rentabilité et innovation seront celles qui prospéreront dans les années à venir.