Alors que GITEX Nigeria ouvrait ses portes, un constat troublant a résonné dans l’auditoire : les startups nigérianes brillent par leurs innovations, mais les bénéfices s’envolent vers des investisseurs étrangers. Dr Armstrong Ume Takang, CEO de MOFI, a pointé ce paradoxe avec une franchise rare. En 2024, le Nigeria a capté $1.18 milliard des $3.6 milliards de capital-risque africain, avec 82% investis dans la tech entre 2020 et 2024. Pourtant, cette manne financière contourne l’économie locale.
MINT AFRICA : Le levier de la souveraineté financière
Face à ce constat, GITEX a lancé MINT AFRICA (Money Innovation New Technology), une plateforme qui pourrait redéfinir la finance africaine. Programmée pour 2027, elle rassemblera régulateurs, banques et innovateurs autour des actifs numériques. Takang y voit une solution clé : la tokenisation des actifs publics pour les rendre accessibles aux investisseurs locaux.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie ambitieuse de MOFI, qui vise à multiplier par six ses actifs sous gestion d’ici 2034. La tokenisation pourrait démocratiser l’accès aux ressources nationales, permettant à des millions de Nigérians de participer à la création de richesse.
Lagos : L’épicentre d’une révolution financière
Le discours de Takang a trouvé un écho immédiat à Lagos, cœur battant de la fintech africaine. Tunbosun Alake, commissaire pour l’Innovation, a souligné que le continent ne manque pas d’innovations, mais de mécanismes pour les transformer en investissements concrets. Engr. Ganiyu Oseni, conseiller technologique de l’État, a rappelé que cette révolution repose sur des infrastructures solides - connectivité, énergie et talents - que Lagos a patiemment construites.
Un message clair a été adressé aux investisseurs internationaux : « Nous préférons votre capital à vos compliments, et votre présence opérationnelle à vos investissements ponctuels. » Cette déclaration résume l’ambition du Nigeria : devenir le hub incontournable de la finance programmable en Afrique.
Alors que les actifs deviennent programmables et les ressources tokenisables, le pays se positionne pour capter enfin la valeur qu’il génère. La question posée par Takang résonne comme un défi : les Nigérians seront-ils spectateurs ou acteurs de cette révolution ?