L’Afrique du Sud doit accélérer sa formation en intelligence artificielle pour éviter de prendre du retard dans l’économie numérique.
Alors que l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) s’accélère dans le pays, les entreprises sud-africaines peinent à trouver des talents qualifiés. Ana Alonso, Senior Vice President et General Manager pour l’Afrique chez Salesforce, alerte sur un écart grandissant entre les besoins des entreprises et les formations proposées par les universités. « Le fossé se creuse alors que les technologies évoluent plus vite que les systèmes éducatifs traditionnels », a-t-elle déclaré lors de l’événement Agentforce World Tour à Johannesburg.
Un décalage structurel entre formation et marché du travail
Les entreprises sud-africaines adoptent massivement les technologies cloud et l’IA, mais le système éducatif reste prisonnier de cycles de mise à jour trop longs. Les cadres de qualification actuels, souvent actualisés tous les cinq ans, sont dépassés par l’évolution rapide des compétences requises. Les secteurs bancaire, des télécommunications et de la vente au détail sont particulièrement touchés par cette pénurie de spécialistes en développement cloud, automatisation et expérience client.
Ana Alonso souligne que les entreprises locales utilisent principalement l’IA pour améliorer leurs relations clients. « La vraie valeur de l’IA réside dans la capacité à mieux servir les clients », affirme-t-elle, contrant ainsi l’idée reçue que cette technologie se limite à améliorer la productivité.
L’urgence d’une transformation éducative
Dr Rowen Govender, directeur de l’École d’IA à Regenesys Business School, voit dans ce défi une opportunité pour l’Afrique du Sud. « Sans investissement massif dans la formation en IA, le pays risque de prendre du retard dans l’économie numérique mondiale. En revanche, les bonnes interventions pourraient stimuler la croissance économique et créer de nouveaux emplois », explique-t-il.
Ursula Fear, Senior Talent Program Manager chez Salesforce, insiste sur l’importance de la formation continue. « Apprendre en travaillant devient essentiel. Les professionnels doivent se former régulièrement pour rester compétitifs », déclare-t-elle. Elle souligne que les entreprises privilégient désormais les compétences pratiques aux diplômes traditionnels.
Des solutions concrètes pour combler le fossé
Salesforce propose des solutions comme sa plateforme Trailhead, offrant des formations en cloud et IA. Les besoins les plus pressants concernent l’automatisation marketing, la mise en œuvre d’IA et le développement cloud. La situation est d’autant plus critique que l’Afrique du Sud affiche un taux de chômage officiel dépassant 32%, avec plus de 60% chez les jeunes de 15 à 24 ans.
Ana Alonso est convaincue que l’IA pourrait devenir une opportunité plutôt qu’une menace si gouvernements, universités et entreprises collaborent efficacement. Une transformation rapide du système éducatif s’impose pour permettre au pays de saisir les opportunités offertes par la révolution numérique.