L’Afrique du Sud prend des mesures radicales contre les appels indésirables
Avec 17,5 milliards d’appels spam enregistrés au premier semestre 2026, l’Afrique du Sud passe à l’offensive. Le gouvernement vient de lancer un registre national d’exclusion des sollicitations commerciales, une initiative majeure pour protéger les consommateurs. Ce dispositif s’inscrit dans une stratégie plus large visant à endiguer la montée en puissance des appels frauduleux et publicitaires.
Un problème qui prend de l’ampleur
Les chiffres sont alarmants : entre janvier et juin 2026, le nombre d’appels spam a augmenté de 25,2 % par rapport à la même période en 2025. Les SMS spam n’ont pas été en reste, avec une hausse de 58,9 % atteignant 3,7 milliards d’envois. Face à cette explosion, le gouvernement a décidé de renforcer les protections offertes aux consommateurs.
Le registre national, géré par la National Consumer Commission (NCC), permettra aux citoyens de s’inscrire pour bloquer préventivement les communications marketing non désirées. Les entreprises devront désormais prouver qu’elles ont vérifié l’absence d’opposition avant d’envoyer leurs campagnes.
Une réponse réglementaire renforcée
Parks Tau, ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence, a souligné la nécessité d’une réponse réglementaire plus robuste face à l’évolution des techniques de spam. « Les Sud-Africains deviennent plus vigilants, mais la vigilance seule ne suffit pas », a-t-il déclaré lors du lancement. « Les réseaux de spam utilisent désormais des techniques sophistiquées comme le spoofing et l’intelligence artificielle pour atteindre les consommateurs. »
Cette initiative donne effet à la section 11 de la loi sur la protection des consommateurs, qui garantit le droit de bloquer les communications marketing non sollicitées. Le ministre a également rappelé que la Constitution sud-africaine protège le droit à la vie privée, soulignant que les coordonnées personnelles ne peuvent être utilisées sans consentement.
Un défi pour les entreprises
Pour les entreprises, l’adaptation à ce nouveau cadre réglementaire représente un défi de taille. Elles devront intégrer le registre dans leurs systèmes marketing, ce qui pourrait nécessiter des modifications profondes de leurs bases de données clients et de leurs outils de gestion de campagnes.
Le processus de mise en conformité est échelonné : les entreprises peuvent s’inscrire depuis le 15 septembre et ont jusqu’en décembre 2026 pour compléter leur enregistrement. Elles disposeront ensuite de cinq mois, jusqu’en avril 2027, pour nettoyer leurs listes de diffusion. À partir de mai 2027, les consommateurs inscrits pourront bloquer préventivement les contacts marketing.
Une victoire pour les consommateurs
Hardin Ratshisusu, commissaire par intérim de la NCC, a salué cette avancée comme une « occasion historique » pour les consommateurs. Le registre national d’exclusion devrait promouvoir un marketing responsable et protéger efficacement contre les appels, SMS et e-mails indésirables.
La NCC prévoit de publier des lignes directrices supplémentaires et de mener une campagne d’éducation des consommateurs pour accompagner le déploiement progressif du registre. Les entreprises disposent ainsi d’un délai suffisant pour s’adapter aux nouvelles exigences.
Cette initiative marque une étape importante dans la lutte contre les sollicitations commerciales non désirées en Afrique du Sud, offrant aux consommateurs un outil concret pour reprendre le contrôle de leurs communications.