Les cybermenaces continuent de se multiplier et de se sophistiquer en Afrique, selon les dernières données de Kaspersky. Le rapport du premier semestre 2026 révèle une augmentation significative des attaques en ligne, exploitant les vulnérabilités des sites web, des emails et des services cloud. Cette tendance s’inscrit dans un contexte de transformation rapide du paysage cyber, marqué par l’adoption croissante de l’intelligence artificielle (IA) et des tensions géopolitiques persistantes.
Une région sous pression
Les systèmes de détection de Kaspersky ont bloqué plus de 5,7 millions d’attaques en Afrique du Sud, 4,5 millions au Kenya et 1,6 million au Nigeria. La Turquie enregistre le taux le plus élevé d’utilisateurs touchés par des menaces web (22,8 %), suivie du Kenya (21,2 %) et de l’Afrique du Sud (17,2 %). À l’inverse, des pays comme l’Arabie saoudite et la Jordanie affichent des taux bien plus faibles.
L’IA, nouvelle arme des cybercriminels
Les experts de Kaspersky observent une intégration croissante de l’IA dans les opérations des cybercriminels. Les modèles linguistiques sont utilisés pour générer des emails de phishing, du code malveillant et même des logiciels complets. Des groupes comme FunkSec ont déjà déployé des malwares en Rust capables de voler des données et d’altérer des processus. « L’IA accélère les opérations des attaquants en réduisant les coûts et les délais de développement », explique Sergey Lozhkin, responsable de l’équipe GReAT pour la région APAC et META.
Nouvelles tendances à surveiller
Plusieurs évolutions majeures sont identifiées :
- L’évolution des malwares : les modèles génératifs permettent de réécrire du code malveillant dans différentes architectures, le rendant plus difficile à détecter.
- L’exfiltration de données via le cloud : les attaquants utilisent des services légitimes pour dissimuler leurs activités.
- Les ransomwares ciblant les opérations : certains groupes perturbent directement les processus métiers pour forcer le paiement.
- Les agents IA comme mécanismes de persistance : des solutions d’IA compromises pourraient être utilisées pour exécuter des actions malveillantes à chaque démarrage.
Renforcer la résilience cyber
Face à ces menaces, Kaspersky recommande aux organisations africaines d’adopter une approche proactive : gestion continue des vulnérabilités, formations régulières des employés et déploiement de solutions avancées comme Kaspersky Next. La course aux armements cyber est bel et bien engagée, et l’Afrique doit se préparer à des attaques de plus en plus sophistiquées.