Dans une initiative audacieuse visant à renforcer la surveillance du secteur financier, l’Égypte a ordonné aux sociétés de financement à la consommation de partager les données des emprunteurs en temps réel. Cette mesure, annoncée par l’Autorité égyptienne de régulation financière (FRA), marque un tournant dans la manière dont le pays supervise ce marché en pleine expansion.

Un secteur en pleine croissance

Le financement à la consommation en Égypte a connu une croissance spectaculaire, atteignant 96,3 milliards de livres égyptiennes (1,86 milliard de dollars) en 2025, soit une augmentation de 57 % par rapport à l’année précédente. Ce secteur compte désormais 10,8 millions de bénéficiaires, ce qui souligne l’importance croissante d’une régulation efficace.

Une surveillance en temps réel

La FRA exige désormais que les sociétés de financement à la consommation connectent directement leurs bases de données au régulateur. Cela permet à l’autorité d’avoir une vue en temps réel sur les emprunteurs, leurs achats financés et leur comportement de remboursement. Les entreprises doivent fournir des informations telles que les données des clients après l’approbation du financement, les transactions sur les achats financés, le comportement de remboursement et les indicateurs de la santé financière des clients.

Contexte réglementaire

Cette mesure s’inscrit dans une série d’initiatives visant à renforcer la supervision du secteur. En octobre 2024, la FRA avait déjà suspendu l’octroi de nouvelles licences de financement à la consommation traditionnelles, invoquant la nécessité d’évaluer la solidité financière des acteurs existants. La mise en place de cette infrastructure de surveillance en temps réel est une étape logique pour garantir la stabilité et la transparence du marché.

Implications pour les entreprises

Pour les sociétés de financement, cette nouvelle réglementation implique des investissements significatifs dans des systèmes de gestion des données et des technologies de reporting. Cependant, elle offre également une opportunité de renforcer la confiance des consommateurs et de démontrer leur engagement envers les pratiques financières responsables.

Conclusion

L’Égypte suit ainsi la tendance mondiale vers une régulation financière plus stricte et transparente. Cette initiative pourrait servir de modèle pour d’autres pays africains cherchant à équilibrer croissance économique et stabilité financière.

En parallèle, l’Afrique du Sud propose un système de TVA automatisé, montrant que les régulateurs africains sont de plus en plus tournés vers des solutions technologiques pour améliorer la conformité fiscale et la surveillance des marchés.