L’Afrique fait face à une hausse des prix des smartphones, mettant en péril l’accès à internet pour des millions de personnes.
Le marché africain des smartphones connaît un ralentissement sans précédent depuis trois ans, sous l’effet de la flambée des coûts de production. Selon Omdia, cabinet d’études spécialisé dans les technologies, les expéditions de smartphones devraient chuter de 26 % en 2026. Un recul particulièrement marqué pour les modèles d’entrée de gamme, essentiels à l’inclusion numérique du continent.
Un marché en difficulté
Au deuxième trimestre 2026, les expéditions de smartphones en Afrique ont reculé de 7 % sur un an, atteignant seulement 17,8 millions d’unités. Les appareils à moins de 100 dollars ont été les plus touchés, avec une baisse de 34 %, soit près de trois millions d’unités en moins. Cette tendance reflète la pression croissante sur les fabricants, confrontés à l’envolée des coûts des composants électroniques.
L’essor de l’intelligence artificielle, gourmande en mémoire et semi-conducteurs, a exacerbé la concurrence pour ces composants. Résultat : les smartphones à moins de 75 dollars deviennent ingérables pour les fabricants, qui se tournent vers des modèles plus chers. Le prix moyen d’un smartphone en Afrique a ainsi bondi de 41 dollars sur un an, atteignant 202 dollars. Un montant représentant déjà 24 % du revenu mensuel moyen dans la région.
Des choix difficiles pour les consommateurs
En 2025, plus de 80 % des smartphones vendus en Afrique coûtaient moins de 200 dollars. Pourtant, selon le GSMA, l’organisme professionnel des opérateurs télécoms, 63 % des Africains restent hors ligne, principalement en raison du coût des appareils. La situation pourrait empirer : au Nigeria, les prix pourraient augmenter de 30 % cette année.
Un smartphone à 100 dollars y coûte aujourd’hui environ 135 041 nairas, soit près de deux fois le salaire minimum. Avec plus de 96 millions d’utilisateurs pour une population dépassant les 200 millions, l’accès au numérique reste un défi majeur. Les consommateurs devront désormais choisir entre reporter leur achat, opter pour un modèle plus cher ou se contenter d’un appareil moins performant.
Un secteur en mutation
Face à cette crise, les fabricants doivent repenser leur stratégie. Comme l’explique Manish Pravinkumar, analyste principal chez Omdia : « Les vendeurs ne peuvent plus fabriquer de smartphones à 75 dollars de manière rentable. »
Cette situation illustre les défis posés par la transformation numérique en Afrique, où l’accès aux technologies reste inégal. Alors que le continent s’efforce de combler son retard, la flambée des coûts pourrait freiner cette progression.
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