La Banque Centrale du Kenya (CBK) accélère ses préparatifs pour réguler le secteur des actifs virtuels. Alors que les textes légaux sont encore en finalisation, l’institution a lancé un appel à candidatures pour quatre postes clés dans sa division des services de paiement numérique. Ces recrutements, clos le 18 mai prochain, marquent une étape décisive dans la structuration d’un cadre légal pour les fournisseurs de services sur actifs virtuels (VASPs).
Une équipe dédiée pour piloter la régulation
Parmi les postes proposés, un manager sera chargé de superviser l’ensemble du processus d’octroi des licences. Ses responsabilités incluront l’examen des demandes, la recommandation d’approbations ou de rejets, ainsi que l’élaboration des procédures standard pour ce nouveau régime. Deux postes de deputy manager compléteront cette équipe : l’un se concentrera sur les autorisations et approbations de produits, tandis que l’autre assurera la surveillance et le respect des obligations réglementaires. Ce dernier rôle impliquera notamment des contrôles de lutte contre le blanchiment d’argent (AML), des évaluations de cybersécurité et le suivi du respect des conditions d’octroi des licences. Enfin, un analyste commercial senior sera en charge de l’examen des demandes et du conseil réglementaire pour les futurs candidats.
Un cadre légal en construction
Ces recrutements interviennent sept mois après l’adoption par le Parlement kenyan de la loi sur les fournisseurs de services d’actifs virtuels (VASP Act) en octobre 2025. Cette législation historique a établi pour la première fois un cadre juridique pour le secteur des cryptomonnaies au Kenya. La CBK sera notamment responsable de la supervision des actifs virtuels utilisés pour les paiements, un marché en pleine expansion où les transferts d’argent liés aux cryptomonnaies et les intégrations avec la monnaie mobile connaissent une croissance soutenue.
Vers un comité inter-agences pour une supervision coordonnée
Les règlements d’application de cette loi, publiés en mars par le Trésor national, sont actuellement en phase de finalisation. Le projet prévoit la création d’un comité de coordination inter-agences composé de 13 membres, incluant la CBK mais aussi l’Autorité des marchés financiers (CMA), le Centre de rapport financier (FRC) et le Comité national de coordination contre la cybercriminalité (NC4). Cette structure ambitieuse vise à assurer une supervision efficace des multiples cas d’utilisation des actifs virtuels.
Un pas en avant pour l’Afrique de l’Est
Le Kenya rejoint ainsi la liste croissante des pays africains, comme le Rwanda et le Ghana, qui s’engagent dans la régulation formelle des cryptomonnaies. Cependant, comme ailleurs sur le continent, l’écart entre la législation et sa mise en œuvre effective reste un défi majeur. La CBK, semble-t-il, ne souhaite pas attendre la finalisation complète du règlement pour constituer son équipe dédiée.
Ces recrutements stratégiques illustrent la volonté des autorités kenyanes de positionner le pays comme un leader régional en matière d’innovation financière, tout en assurant une protection accrue contre les risques associés aux actifs virtuels.