L’Afrique du Sud mise sur les stablecoins pour dynamiser le commerce continental

Alors que l’Afrique du Sud cherche à intensifier ses échanges commerciaux avec le reste du continent, les stablecoins émergent comme une solution prometteuse pour simplifier les transactions transfrontalières. Actuellement, les paiements entre entreprises africaines passent souvent par des banques correspondantes et le dollar américain, un héritage des anciennes routes commerciales avec l’Europe et les États-Unis. Cette situation contraste avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui vise à faciliter les échanges intra-africains.

Un système de paiement encore inadapté aux ambitions africaines

Seulement 15 à 18 % des échanges commerciaux de l’Afrique du Sud se font avec d’autres pays africains, un chiffre révélateur des défis persistants. Ifelade Ayodele, PDG de Blaaiz, une plateforme de transferts transfrontaliers, souligne que les problèmes de paiement constituent un frein quotidien pour les entreprises. « Une fois les marchandises franchissent la frontière, il reste à régler les factures, payer les fournisseurs et convertir les devises. Si ces processus restent lents ou coûteux, les avantages du commerce en sont considérablement réduits », explique-t-il.

Les stablecoins, une alternative efficace ?

Face à ces défis, les fintechs comme Onafriq en Afrique du Sud et Flutterwave au Nigeria utilisent de plus en plus les stablecoins pour faciliter les transactions. Ces cryptomonnaies indexées sur des devises stables, comme le dollar, permettent des transferts quasi instantanés et à moindre coût. Dr. Wiehann Olivier, partenaire chez Forvis Mazars, confirme leur utilisation croissante : « Les paiements de l’Afrique du Sud vers le Malawi peuvent être convertis en stablecoins, transférés en quelques secondes et échangés contre la monnaie locale à un coût bien inférieur à celui des banques correspondantes.

Interopérabilité et régulation : les défis à relever

Cependant, les stablecoins ne remplaceront pas les systèmes bancaires traditionnels. Leur véritable potentiel réside dans l’amélioration de l’interopérabilité entre les systèmes financiers fragmentés du continent. Ayodele insiste sur la nécessité de connecter ces systèmes pour réduire les coûts de règlement et libérer du capital de travail. Olivier ajoute que la régulation reste un obstacle majeur, bien que l’Afrique du Sud ait déjà mis en place un cadre réglementaire pour les prestataires de services d’actifs crypto.

Conclusion : une révolution discrète mais prometteuse

Les stablecoins représentent une couche de règlement efficace qui pourrait bien devenir un pilier des échanges intra-africains. Leur adoption croissante par les fintechs montre qu’ils sont déjà en train de transformer discrètement le paysage des paiements transfrontaliers, offrant une solution pragmatique aux défis persistants du commerce africain.