La fin d’une ère pour Lisk, la société suisse spécialisée dans les infrastructures blockchain. Après une stratégie d’expansion ambitieuse qui l’a menée à soutenir des startups africaines en phase de démarrage, Lisk annonce la fermeture de sa blockchain le 31 octobre 2026. Un pivot stratégique vers les logiciels financiers pour entreprises marque ainsi la fin d’un chapitre important pour l’écosystème Web3 en Afrique.
Un retrait stratégique aux conséquences lourdes
Lisk avait bâti une présence significative en Afrique, investissant dans des startups prometteuses comme Azza, une plateforme nigériane de paiements stables via WhatsApp, ou ClapMi, un outil de finance sociale. À travers son EMpower Fund, Lisk avait également soutenu LovCash en Afrique du Sud et Afrikabal au Rwanda. La fermeture de la blockchain pourrait ainsi tarir une source cruciale de financement pour ces jeunes pousses, alors que les investissements en capital-risque dans le secteur ont déjà chuté de 26,6% en 2025, selon Crypto Valley VC.
Des indicateurs économiques en berne
Les données de DeFiLlama révèlent une activité en forte baisse sur la blockchain Lisk. La valeur totale verrouillée (TVL) est passée de 5,47 millions de dollars en janvier 2026 à seulement 139 000 dollars, un niveau historiquement bas. Les échanges sur les plateformes décentralisées et les frais générés par le réseau illustrent également un écosystème en perte de vitesse.
Vers une nouvelle orientation
Max Kordek, fondateur et CEO de Lisk depuis décembre 2025, oriente désormais l’entreprise vers une solution logicielle pour la gestion financière interentreprises. Le token LSK, bien que conservé, verra son rôle évoluer vers des récompenses et paiements dans ce nouveau cadre. Lisk propose également de brûler 100 millions de tokens pour réduire l’offre totale, tout en transférant 47 millions à Lisk Limited.
Une migration organisée
Les détenteurs de LSK devront migrer leurs tokens vers Ethereum avant la fermeture, un processus qui peut prendre jusqu’à sept jours. Par ailleurs, Lisk collabore avec Celo pour offrir une solution de migration aux projets développés sur sa chaîne, ouvrant ainsi la porte à un transfert d’écosystème.
Cette décision marque la fin d’une aventure blockchain ambitieuse, mais souligne les défis persistants de rentabilité dans ce secteur. Pour l’Afrique, c’est aussi la perte d’un acteur clé du financement des startups Web3.