Le retrait de Lisk laisse un vide dans l’écosystème Web3 africain

Le 31 octobre prochain, Lisk, l’entreprise suisse spécialisée dans les infrastructures Web3, mettra fin à son réseau blockchain pour migrer ses produits et développeurs vers Celo, un concurrent direct. Cette décision marque la fin d’un projet blockchain lancé en 2016, initialement conçu comme un réseau de base avant de migrer vers Ethereum. Une page se tourne pour l’industrie, mais aussi pour les startups africaines qui bénéficiaient de son soutien.

Un recentrage stratégique entamé depuis des mois

Le processus de restructuration a commencé bien avant l’annonce officielle d’août 2026. En décembre 2025, Max Kordek, co-fondateur et ancien PDG de Lisk, est revenu aux commandes avec Oliver Beddows, ex-CTO devenu directeur de la stratégie. Leur première action a été une consolidation drastique : fermeture d’Onchain, l’organisme de recherche, et de Pass App, le portefeuille numérique. Plusieurs postes ont été supprimés, notamment les responsables régionaux et les équipes de développement commercial. Lisk se recentre désormais sur une plateforme financière pour entreprises, axée sur les comptes, paiements et approbations en fiat et stablecoins.

L’impact sur le financement des startups africaines

Cette décision intervient dans un contexte déjà difficile pour les entreprises africaines de blockchain. Selon Crypto Valley VC, ces dernières ont levé 90,1 millions de dollars en 2025, soit une baisse de 26,6% par rapport à l’année précédente. Le nombre d’opérations a légèrement diminué (28 contre 30), révélant un marché de financement plus sélectif.

Lisk avait pourtant misé sur l’Afrique depuis 2024, organisant des roadshows à Cape Town, Nairobi et Lagos. Le réseau comptait 95 474 comptes actifs et plus de 22 millions de transactions. Des startups comme Azza (Nigeria), Jamit et Payd (Kenya) bénéficiaient de subventions pour intégrer la technologie Lisk. Mais ces efforts n’ont pas suffi à convaincre les utilisateurs finaux de migrer vers ce réseau.

Les défis persistants des blockchains en Afrique

Le problème fondamental reste la fragmentation du marché crypto africain. Les utilisateurs ont déjà leurs préférences : TRON pour ses frais bas, Ethereum ou Solana pour leur liquidité. Convaincre ces utilisateurs de changer d’habitudes s’avère extrêmement difficile, malgré les efforts des acteurs comme Lisk.

Pour les fondateurs de startups, le véritable avantage des subventions Lisk était souvent le réseau qu’elles offraient : accès à des investisseurs, partenaires technologiques et opportunités commerciales. Avec le retrait de Lisk, c’est tout un écosystème qui se retrouve fragilisé.

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