En huit ans, MNT-Halan a transformé l’économie informelle égyptienne en un empire financier valorisé à 1,4 milliard de dollars.

Ce qui a commencé comme une simple application de mise en relation pour les conducteurs de deux et trois roues à Cairo s’est mué en un géant du crédit, distribuant plus de 15,5 milliards de dollars de prêts aux populations non bancarisées. Aujourd’hui, MNT-Halan vise une introduction en Bourse à l’Egyptian Exchange, un événement qui pourrait redéfinir le paysage des fintechs africaines.

Une transformation stratégique

L’histoire de MNT-Halan n’est pas un simple conte de succès technologique. C’est une révolution financière qui part d’un constat simple : les travailleurs de l’économie informelle gagnent régulièrement leur vie, mais le système bancaire traditionnel refuse de les reconnaître comme solvables. En s’appuyant sur les données de son activité initiale de covoiturage, MNT-Halan a construit un modèle de crédit innovant. Ce modèle a ensuite été étendu à d’autres services financiers, tels que les paiements, l’épargne, l’investissement, le commerce électronique et la logistique.

Ce qui distingue MNT-Halan de ses concurrents, c’est son échelle. Huit années d’exécution, des données solides traversant les cycles économiques et un partenariat stratégique avec la plus grande banque d’Égypte, Al Ahly Capital. Cette dernière a récemment mené une levée de fonds qui a porté la valorisation de MNT-Halan à 1,4 milliard de dollars.

Un modèle de financement révolutionnaire

Le succès de MNT-Halan repose également sur une stratégie financière astucieuse : la titrisation. Plutôt que de dépendre exclusivement des fonds propres, l’entreprise a choisi de bundler ses créances et de les vendre à des investisseurs sous forme d’obligations. En avril 2026, Hala Consumer Finance, la filiale de crédit à la consommation du groupe, a réalisé une émission de titrisation de 2,214 milliards d’EGP (41,3 millions de dollars), la cinquième tranche d’un programme visant un total de 11,5 milliards d’EGP (214,8 millions de dollars).

Cette approche offre une alternative aux rounds de financement traditionnels, souvent coûteux et dilutifs. Elle permet à MNT-Halan de lever des fonds sans diluer davantage son capital, un avantage non négligeable dans un contexte de financement mondial contraint.

Un événement historique pour les fintechs africaines

Si l’introduction en Bourse de MNT-Halan est approuvée, elle deviendra l’une des plus grandes cotations technologiques de l’histoire de la Bourse égyptienne. Cet événement pourrait servir de référence pour les fondateurs et investisseurs de fintechs africaines, montrant qu’il est possible de réussir une introduction en Bourse sur le continent plutôt que de viser exclusivement des places comme le Nasdaq.

Au-delà de l’Égypte, ce modèle pourrait inspirer d’autres fintechs africaines, comme valU en Égypte ou des acteurs nigérians et kényans. La titrisation pourrait bien devenir un modèle standard pour le financement des fintechs en Afrique, offrant une alternative aux cycles imprévisibles du capital-risque.

MNT-Halan n’est pas seulement une success story technologique. C’est un exemple concret de la manière dont les fintechs peuvent transformer des économies entières en s’attaquant aux défis de la bancarisation et en innovant dans les modèles de financement.