Alors que les géants africains de la fintech se précipitent vers les places boursières internationales, MNT-Halan mise sur son marché local.
Dans un contexte où les fintechs africaines visent majoritairement des introductions en bourse à l’étranger, MNT Tech Holding for Financial Investments, filiale du licorne égyptien MNT-Halan, a déposé une demande officielle pour coter 1,6 milliard d’actions sur le marché principal de la Bourse égyptienne. Cette démarche, qui intervient après des mois de spéculations, pourrait valoriser ses activités locales entre 900 millions et 1 milliard de dollars.
Une exception dans un paysage en pleine mutation
Alors que des acteurs majeurs comme OPay, PalmPay et Airtel Money préparent leurs IPO à New York, Hong Kong ou Londres, MNT-Halan opte pour une stratégie radicalement différente. Fondée en 2018, la plateforme fintech égyptienne propose des services de microcrédit, de paiement, de finance consommateur et d’e-commerce. Avec plus de 7 millions de clients en Égypte et plus de 10 milliards de dollars de prêts accordés depuis sa création, l’entreprise a su s’imposer comme un acteur clé du secteur.
Le choix de rester ancré localement pose une question cruciale aux décideurs politiques africains : pourquoi les fintechs les plus performantes, bâties sur des consommateurs et volumes de transactions africains, préfèrent-elles les places boursières internationales ? La réponse pourrait résider dans l’écosystème égyptien, où la Bourse du Caire affiche une hausse de 23,6% depuis le début de l’année. L’introduction en bourse réussie de Valu, avec une envolée de 852,4% lors de son premier jour de cotation, démontre un appétit local pour ces actifs.
Un test pour la Bourse égyptienne
L’IPO de MNT-Halan représente un véritable défi pour la Bourse égyptienne, qui doit prouver sa capacité à rivaliser avec les places internationales. Le groupe détient plus de 25% du marché égyptien de la microfinance et se positionne comme le septième acteur financier du pays en termes de couverture. Ces racines locales profondes, combinées à une base d’investisseurs domestiques déjà acquis aux fintechs, pourraient rendre cette cotation plus viable que pour un homologue nigérian.
Par ailleurs, le gouvernement égyptien soutient activement la transformation numérique et l’inclusion financière via des plateformes technologiques. Cette dynamique pourrait offrir à MNT-Halan un environnement plus favorable qu’ailleurs en Afrique.
Alors que le Nigeria n’a enregistré aucune IPO de startup cette année, l’expérience égyptienne pourrait servir de modèle pour d’autres marchés africains en quête de solutions locales.