Les manifestations « South Africa Must Go » visent MTN Ghana, reflétant les tensions régionales croissantes

Des manifestants du mouvement « South Africa Must Go » ont pris d’assaut le siège d’MTN Ghana à Accra, exprimant leur colère face aux récentes vagues de xénophobie en Afrique du Sud. Ces protestations interviennent dans un contexte de montée des violences contre les étrangers, avec des groupes comme Operation Dudula et « March and March » exigeant le départ des migrants en situation irrégulière d’ici le 30 juin. Cette crise a déjà provoqué l’évacuation de centaines de Ghanéens, avec près de 800 rapatriés attendus.

Un paradoxe économique pour MTN, géant sud-africain ancré en Afrique de l’Ouest

Fondé à Johannesburg en 1994, MTN tire aujourd’hui l’essentiel de ses revenus de ses opérations à l’étranger. En 2023, MTN Nigeria représentait 48 % du bénéfice net du groupe, tandis que MTN Ghana figurait parmi ses filiales les plus rentables en termes de contributions fiscales, avec 16,9 milliards de rands payés. Ces chiffres soulignent une dépendance stratégique aux marchés ouest-africains, contrastant avec l’hostilité croissante envers les étrangers en Afrique du Sud.

Risques de boycott et répercussions économiques

Les analystes mettent en garde contre les conséquences d’un boycott prolongé de MTN Ghana, premier opérateur mobile du pays et contributeur fiscal majeur. Un précédent en 2017, où des bureaux de MTN au Nigeria avaient été vandalisés lors d’émeutes xénophobes, illustre les dangers de cette escalade. Pendant ce temps, le ministre sud-africain des Affaires étrangères Ronald Lamola rejette les accusations de xénophobie, accusant plutôt le Ghana de désinformation.

Un test pour la diplomatie régionale

Alors que le délai du 30 juin approche, les prochaines semaines seront décisives. La question est de savoir si la diplomatie africaine parviendra à apaiser les tensions ou si cette crise marquera un tournant durable dans les relations économiques continentales.

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