Dans un contexte où les fintechs africaines cherchent à conquérir les marchés internationaux, OPay prépare une entrée en Bourse aux États-Unis qui pourrait la valoriser à 4 milliards de dollars. Cette opération, si elle aboutit, placerait l’entreprise parmi les rares licornes nigérianes à s’introduire sur le marché américain, aux côtés de Jumia et Swvl.
Une trajectoire ascendante malgré les défis
OPay, qui avait levé 400 millions de dollars lors de son tour de table Series C en 2021 pour une valorisation de 2 milliards, a vu sa valeur grimper depuis. En 2025, Opera Limited, un investisseur historique, évaluait sa participation de 9,5 % à 294,6 millions de dollars, ce qui impliquait une valorisation totale d’environ 3,1 milliards. L’IPO envisagée pour fin 2026 pourrait donc confirmer cette tendance haussière.
Pour mener à bien cette opération, OPay s’appuie sur des acteurs financiers de premier plan : Citigroup Inc., Deutsche Bank AG et JPMorgan Chase & Co. ont été mandatés pour l’introduction en Bourse. Un choix stratégique alors que le secteur fintech nigérian continue de prospérer, avec des revenus projetés à 47 milliards de dollars d’ici 2028 selon McKinsey.
Un environnement concurrentiel et des risques à surveiller
Cependant, le chemin vers une valorisation de 4 milliards ne sera pas sans obstacles. La dépréciation du naira, qui a perdu 70 % de sa valeur depuis 2023, pourrait affecter les revenus en dollars malgré une croissance annuelle de 50 % en naira. Par ailleurs, OPay doit faire face à une concurrence accrue de la part de Moniepoint, Kuda, Paga et PalmPay, qui se disputent les mêmes parts de marché.
Standard Chartered Kenya réduit ses effectifs pour la 11e année consécutive
Par ailleurs, Standard Chartered Kenya a réduit ses effectifs pour la 11e année consécutive, passant de plus de 2 000 employés en 2014 à seulement 942 fin 2025. Cette diminution de 5,9 % par rapport à l’année précédente s’inscrit dans une stratégie de recentrage sur la banque privée et les clients aisés.
Le groupe, qui a également cédé des actifs en Ouganda et en Tanzanie, justifie cette réduction par un pivot stratégique vers le « Wealth & Retail Banking ». Une approche qui nécessite moins de personnel, mais qui a permis d’augmenter les salaires moyens malgré la baisse des effectifs. En 2025, le bank a dépensé 6,43 milliards de shillings kényans (environ 49,8 millions de dollars) en salaires, contre 6,12 milliards (47,4 millions de dollars) l’année précédente.
Cette restructuration s’accompagne d’une digitalisation accrue des processus, visant à libérer des capacités pour la croissance future. Les coûts de restructuration ont par ailleurs chuté, passant de 580,1 millions de shillings en 2024 à 112,3 millions en 2025.
Conclusion
Alors que OPay s’apprête à franchir une nouvelle étape avec son introduction en Bourse, les défis économiques et concurrentiels restent nombreux. Dans le même temps, Standard Chartered Kenya montre l’exemple d’une transformation stratégique réussie, malgré les réductions d’effectifs. Ces deux exemples illustrent bien les dynamiques en cours dans le secteur financier africain, entre ambitions internationales et adaptations locales.