Dans l’univers impitoyable de la cybersécurité, les noms des malwares ressemblent souvent à une liste de personnages de dessin animé. ToxicPanda 2.0, le dernier en date, illustre parfaitement cette tendance. Ce cheval de Troie Android, capable de prendre le contrôle des smartphones et de voler des informations financières, vient d’être mis à jour avec des fonctionnalités encore plus redoutables.
Une menace en expansion
Selon zLabs, l’équipe de recherche mobile de Zimperium, ToxicPanda 2.0 cible désormais pas moins de 349 applications bancaires, financières et de cryptomonnaies dans 16 pays différents. Avec 167 commandes à distance, les cybercriminels peuvent prendre le contrôle total des appareils infectés. La première version de ToxicPanda avait été découverte en 2024 par les chercheurs de Cleafy, qui l’avaient initialement confondu avec TgToxic. Après une analyse plus approfondie, ils avaient identifié plus de 1 500 appareils infectés et des cibles dans 16 banques en Europe et en Amérique latine.
La folie des noms de malwares
Mais comment ces menaces en viennent-elles à porter des noms aussi fantaisistes ? En réalité, il n’existe pas d’autorité centrale pour attribuer ces dénominations. Les chercheurs et les entreprises de cybersécurité se partagent ce privilège, souvent en fonction de qui découvre la menace en premier. Microsoft utilise par exemple le système CARO (Computer Antivirus Research Organization), qui suit une structure précise : type de menace, plateforme, famille et variante. Un nom comme « Trojan:MSIL/Solorigate.BR!dha » est ainsi à la fois précis et évocateur.
Des noms qui font parler d’eux
Certains malwares ont marqué les esprits par leurs noms évocateurs. Roaming Mantis, choisi par Kaspersky pour un malware se propageant via les réseaux Wi-Fi, ou Olympic Destroyer, qui a perturbé les Jeux Olympiques d’hiver de 2018, sont autant d’exemples de cette créativité parfois décalée. Bad Rabbit, un ransomware de 2017, doit son nom à sa capacité à se faire passer pour un installateur Adobe Flash avant de crypter les fichiers.
Pourquoi tant de fantaisie ?
Ces noms fantaisistes servent un but pratique : ils permettent aux chercheurs, journalistes et équipes de sécurité de discuter de menaces complexes sans avoir à réciter des hachages de fichiers. Un nom accrocheur peut aussi attirer l’attention du grand public sur une menace autrement obscure. Cependant, cette approche comporte des risques : elle peut donner une visibilité inutile aux cybercriminels ou minimiser l’impact sérieux de ces attaques.
Et demain ?
Alors que ToxicPanda 2.0 continue de semer la pagaille, on peut se demander quel sera le prochain malware à faire parler de lui. SneakyWalrus, InvoiceFerret ou RansomLlama ? Une chose est sûre : la parade des noms de malwares n’est pas près de s’arrêter.