Le Sénégal franchit un cap décisif dans son écosystème startup avec le lancement du fonds Catalyst DER/FJ, doté de 50 millions de dollars. Cette initiative, annoncée lors du AfricaTech à VivaTech Paris le 20 juin dernier, vise à combler un déficit criant de financement pré-seed et seed dans la région.

Un écosystème en pleine effervescence

Sur scène, Aida Mbodji, Déléguée Générale de la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ), a présenté ce fonds comme un levier stratégique pour transformer l’écosystème sénégalais. Quinze startups innovantes, représentant des secteurs aussi variés que la fintech, la healthtech et la cybersécurité, ont été mises en avant lors de l’événement. Parmi elles, Lafricamobile, Andakia et Baamtu ont particulièrement retenu l’attention des investisseurs internationaux présents.

Cette annonce s’accompagne d’une autre initiative majeure : un partenariat entre DER/FJ et Wave Sénégal pour créer un programme d’accélération local. L’objectif est clair : décentraliser le soutien à l’innovation numérique à travers tout le pays.

Le défi du financement pré-seed

Les données sont sans appel : seulement 1,5 % du capital total investi en Afrique est alloué au stade seed, contre 4 à 6 % aux États-Unis. Ce déficit force trop souvent les fondateurs à épuiser leurs ressources au moment crucial où ils valident leur modèle économique ou développent leur prototype.

Le fonds Catalyst DER/FJ adopte une approche innovante : utiliser le capital public pour attirer les investisseurs privés, générant ainsi un effet de levier. Cette stratégie vise à renforcer la compétitivité des startups locales et à positionner le Sénégal comme un hub technologique en Afrique de l’Ouest.

Une vision stratégique pour l’avenir

Elena Dia, ancienne directrice de l’Unité d’Animation de l’Écosystème à DER/FJ, avait anticipé cette évolution. Elle soulignait la nécessité de programmes ciblés par secteurs et chaînes de valeur, plutôt que des accélérateurs génériques en compétition pour un vivier limité de fondateurs.

Avec ce fonds, le Sénégal envoie un signal fort : son écosystème startup est prêt à passer à la vitesse supérieure. Les prochains mois seront décisifs pour voir comment ces initiatives traduiront cette ambition en résultats concrets.