Un projet ambitieux pour réduire la fracture numérique en Afrique de l’Ouest

Les États-Unis s’engagent à déployer 1500 stations de base fabriquées aux États-Unis dans quatre pays africains : le Nigeria, le Ghana, le Bénin et la Côte d’Ivoire. Cette initiative vise à connecter des millions de personnes mal desservies et à réduire la dépendance vis-à-vis des équipements chinois, dominants dans le secteur des télécommunications africaines.

Une technologie adaptée aux défis locaux

Le projet repose sur des solutions développées par Vanu Inc., une entreprise américaine spécialisée dans les systèmes radio logiciels conçus pour les environnements difficiles et à faible revenu. Ces technologies devraient permettre d’étendre la couverture dans des zones rurales souvent négligées.

Thomas Hardy, directeur adjoint de l’Agence américaine pour le développement commercial (USTDA), a souligné que cette initiative vise à créer des opportunités d’accès internet fiable et abordable pour les populations africaines ainsi que pour les entreprises américaines sur les marchés émergents. « L’USTDA apporte des solutions du secteur privé pour débloquer un accès internet généralisé, abordable et fiable dans les communautés hors réseau d’Afrique de l’Ouest », a-t-il déclaré.

Un défi persistant : la fracture numérique rurale

Selon un rapport de novembre 2024 du GSMA, près de 47 % des zones rurales africaines n’ont aucune couverture en bande large mobile, et 30 % ne disposent que de réseaux 2G ou 3G lents. Les investissements infrastructurels se concentrent principalement sur les zones urbaines, laissant les communautés rurales en retrait en raison de problèmes tels que le vandalisme, l’absence d’électricité et les coûts élevés de déploiement.

Les coûts opérationnels des stations de base rurales sont 35 à 40 % plus élevés que ceux des zones urbaines, en raison notamment de la dépendance aux générateurs diesel dans les régions mal électrifiées. Le déploiement de ces 1500 stations devrait atténuer ces contraintes et encourager les opérateurs à investir davantage dans ces régions mal desservies.

Une réponse aux préoccupations régionales

Cette initiative intervient dans un contexte de critiques croissantes selon lesquelles les nations occidentales ne font pas assez pour diversifier les partenariats en matière d’infrastructures critiques et réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs technologiques chinois. L’USTDA affirme que ce projet s’inscrit dans une démarche plus large visant à promouvoir les technologies américaines fiables tout en soutenant le développement des infrastructures critiques dans les économies émergentes.

Un pas vers l’inclusion numérique

Avec ce déploiement massif, les États-Unis espèrent non seulement améliorer l’accès à internet pour des millions de personnes en zones rurales, mais aussi renforcer leur influence technologique en Afrique. Ce projet pourrait bien marquer un tournant dans la réduction de la fracture numérique sur le continent.