Avec 214 millions de dollars levés au premier semestre 2026, le Nigeria s’impose comme la destination phare des investissements en capital dans les startups africaines. Ces chiffres, issus de la plateforme Africa The Big Deal, révèlent une dynamique particulièrement forte dans l’écosystème nigérian, qui devance largement ses concurrents régionaux.
Une performance remarquable malgré un contexte difficile
Le pays a réalisé une performance impressionnante en matière de financement en capital, avec 214 millions de dollars collectés par ses startups technologiques. Ce montant représente près de 17 % de plus que l’Égypte, deuxième du classement avec 183 millions de dollars. La comparaison est encore plus frappante avec l’Afrique du Sud (66 millions) et le Kenya (46 millions), où les montants levés sont respectivement 224 % et 365 % inférieurs à ceux du Nigeria.
Cette performance s’inscrit dans une tendance plus large de reprise après un semestre 2025 décevant, où seulement 343 millions de dollars avaient été levés. Le Nigeria est ainsi sur la bonne voie pour dépasser les 410 millions de dollars collectés en 2024.
L’Égypte en tête du financement global
Malgré cette performance remarquable, le Nigeria ne détient pas le record absolu des levées de fonds sur le continent. L’Égypte, avec 327 millions de dollars collectés au premier semestre, se place en tête du classement. Le Kenya et l’Afrique du Sud complètent le top 4 avec respectivement 126 millions et 83 millions de dollars.
Ensemble, ces quatre pays représentent 58 % des 1,37 milliard de dollars levés sur le continent africain durant cette période. En dehors de ce quatuor, la Tanzanie se distingue avec 52 millions de dollars levés, suivie de près par la Côte d’Ivoire (45 millions) et le Maroc (28 millions).
Une dynamique porteuse pour les startups nigérianes
Le Nigeria se distingue également par le nombre élevé de startups ayant réalisé des levées de fonds significatives. Au total, 40 startups nigérianes ont levé au moins 100 000 dollars, un chiffre bien supérieur à celui de l’Égypte (26 startups) et du Kenya (25). L’Afrique du Sud, avec seulement 19 startups ayant réalisé des levées de fonds, ferme la marche.
En dehors du top 4, la Tanzanie et le Maroc se partagent la troisième place avec chacune 12 startups ayant levé au moins 100 000 dollars. Le Ghana (10 startups), l’Ouganda (7) et la Tunisie (5) complètent ce classement.
Les secteurs porteurs : fintech en tête
Comme lors des précédents semestres, le secteur de la fintech reste le plus attractif pour les investisseurs. Il a capté 41 % des 1,37 milliard de dollars levés sur le continent. Le climat tech suit de près avec 39 %, tandis que la logistique et les transports attirent 35 % des investissements. L’agritech et la food tech, en revanche, ne représentent que 7 % des financements.
Les secteurs traditionnels comme la healthtech et l’edutech restent en retrait, soulignant un déséquilibre persistant dans la répartition des investissements.
Cette dynamique positive pour le Nigeria et l’Afrique en général laisse présager un second semestre tout aussi prometteur, avec des perspectives de croissance renforcées pour les startups locales.