Alors que l’Afrique célèbre une croissance fulgurante de l’adoption des smartphones, les données révèlent un paradoxe : le 4G continue de dominer largement l’accès à Internet, malgré les progrès du 5G.
Seuls 12 % des 416 millions d’internautes africains bénéficient actuellement de connexions 5G, selon les dernières analyses des régulateurs et rapports sectoriels. Cette proportion met en lumière un écart persistant d’infrastructure, où le coût des terminaux compatibles et la couverture territoriale jouent un rôle clé. Nous analysons ici l’état du marché 4G/5G dans cinq économies clés : Nigeria, Afrique du Sud, Kenya, Ghana et Égypte.
Kenya : 4G/5G capte 65,5 % des abonnés
Avec 62 millions d’internautes (79,1 % de pénétration), le Kenya illustre une adoption massive des services numériques. Les réseaux 4G/5G concentrent 65,5 % des abonnés (45,9 millions), dont seulement 2,4 % en 5G. Ces technologies ont généré 93,4 % des 755 095,1 téraoctets consommés au T4-2025. Safaricom et Airtel dominent ce paysage.
Ghana : Transition vers le 4G/5G en cours
Le pays connaît une transition majeure, avec un lancement récent du 5G par Next Gen Infraco. Malgré près de dix ans de disponibilité du 4G, le 3G reste dominant (71 %). L’objectif gouvernemental vise 70 % de couverture 5G d’ici 2027. Avec 26,3 millions d’internautes (74,6 % de pénétration), MTN détient 78,88 % du marché.
Nigeria : Le 4G dépasse le 3G
Depuis mi-2024, le Nigeria observe une inversion des parts de marché : le 4G (53,59 %) a dépassé le 3G (36,87 %), tandis que le 5G stagne à 5,06 %. Le projet Bridge et la feuille de route du NCC visent à porter la couverture 5G à 50 % d’ici 2030.
Afrique du Sud : Leader africain du 5G
Avec 58 % de couverture en 2025 (contre 46,6 % en 2024), l’Afrique du Sud se distingue par la meilleure disponibilité et vitesse 5G du continent. 70,8 % des 117,3 millions d’abonnés utilisent des smartphones. Le gouvernement prévoit la désactivation progressive du 2G/3G.
Conclusion : Si le 5G progresse, son adoption reste freinée par des défis infrastructurels. Le 4G constitue toujours l’épine dorsale de la connectivité africaine, avec des écarts significatifs entre pays.