Après trois décennies d’implantation, Banco BPI cède sa participation restante dans Banco de Fomento Angola pour 451 millions de dollars.
La décision, annoncée le 3 septembre, marque la fin d’une longue transition pour le groupe portugais qui cherchait depuis des années à réduire son exposition en Angola. L’acquéreur, Congolian Financial SA (CFSA), est détenu par le conglomérat angolais Grupo Carrinho, consolidant ainsi sa position dans le secteur bancaire local.
Un désengagement progressif
L’histoire de BPI en Angola remonte à 1996, lorsque la banque a repris les opérations locales de Banco de Fomento e Exterior. En 2002, BFA est devenu une entité indépendante, initialement contrôlée à 100% par BPI. Cependant, dès 2008, le groupe a commencé à réduire sa participation en cédant 49,9% des parts à Unitel, l’opérateur de télécommunications angolais. Cette tendance s’est accentuée en 2017 avec la vente de 2% supplémentaires, portant la participation de BPI à 48,1%.
Les pressions réglementaires européennes ont joué un rôle clé dans cette décision. Dès 2015, BPI a annoncé son intention de séparer ses actifs africains pour limiter les risques liés à l’Angola, une décision anticipant les règles de l’Union européenne classant les actifs angolais comme risqués. En 2017, la Banque centrale européenne (BCE) a exigé une réduction supplémentaire de l’exposition de BPI en Angola, citant des préoccupations concernant la supervision bancaire et les exigences de capital.
Un marché en mutation
Les négociations pour la vente des 48,1% restants ont été compliquées par la dépréciation du kwanza angolais en 2023, entraînant la suspension temporaire de la transaction. BPI a finalement trouvé une solution en 2025 en procédant à une introduction en bourse partielle de BFA, réduisant ainsi sa participation à 33,35%. La vente actuelle à CFSA marque donc la conclusion de ce processus.
Grupo Carrinho, un acteur bancaire en pleine expansion
Fondé en 1993 comme une petite entreprise de restauration, Grupo Carrinho s’est transformé en un conglomérat agro-industriel majeur en Angola. Déjà propriétaire de 74% de Banco de Comércio e Indústria (BCI) et d’environ 70% de Banco Keve, l’acquisition de BFA renforce sa position dominante dans le secteur bancaire angolais.
Cette transaction illustre une tendance plus large où les conglomérats locaux prennent le contrôle des institutions financières, reflétant les dynamiques économiques changeantes en Angola.
Cette opération souligne l’importance croissante des acteurs locaux dans le paysage financier angolais, tout en marquant la fin d’une ère pour les investisseurs étrangers traditionnels.