En 2026, la maîtrise des dépenses cloud devient un enjeu stratégique pour les entreprises africaines.
Alors que les investissements dans le cloud continuent de croître, les gaspillages suivent la même courbe. Selon le rapport State of the Cloud de Flexera, 27 % des organisations prévoient d’augmenter leurs dépenses cloud cette année, tandis que 17 % ont déjà dépassé leur budget sur les douze derniers mois. Le gaspillage estimé atteint désormais 29 %, effaçant plusieurs années de progrès.
Un cadre opérationnel en pleine évolution
Le FinOps, contraction de Finance et DevOps, émerge comme une solution clé pour optimiser ces dépenses. Ce cadre opérationnel unit les équipes techniques, financières et métiers afin de maximiser la valeur des investissements technologiques. Contrairement aux approches traditionnelles, le FinOps repose sur une visibilité en temps réel des coûts et une optimisation continue.
Siarhei Sukhadolski, Chief Delivery Officer chez Innowise, souligne cette évolution : « Autrefois, le FinOps se résumait à réduire la facture en identifiant les ressources inutilisées. Aujourd’hui, les entreprises performantes l’utilisent pour prendre des décisions plus rapides et éclairées sur le retour sur investissement technologique. »
L’expansion du FinOps au-delà du cloud
Initialement centré sur l’infrastructure cloud, le FinOps intègre désormais des domaines comme les investissements en IA (98 % des organisations), les licences logicielles (64 %), les clouds privés (57 %) et les centres de données (48 %). Par ailleurs, 90 % des entreprises gèrent ou prévoient de gérer les dépenses SaaS.
Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large : 78 % des équipes FinOps rendent compte directement au CTO ou au CIO, reflétant une vision stratégique de la technologie.
L’impact de l’IA sur les dépenses cloud
Le rapport State of FinOps de la FinOps Foundation révèle que 98 % des organisations gèrent spécifiquement les dépenses liées à l’IA. Cette tendance est confirmée par Gartner, qui prévoit une croissance de 55,8 % des dépenses en systèmes de centres de données et un doublement des investissements dans les modèles d’IA générative.
L’enjeu ? Les charges liées à l’IA sont imprévisibles et difficiles à attribuer. Sans une gestion rigoureuse, des coûts inattendus peuvent rapidement alourdir la facture.
Pourquoi la visibilité des coûts crée un avantage concurrentiel
Moins de 50 % des organisations utilisent les outils d’optimisation de base comme les instances réservées ou les plans d’économies. Cette lacune représente un avantage potentiel pour celles qui adoptent une approche proactive.
En Afrique, où les infrastructures technologiques se développent rapidement, cette maîtrise des coûts pourrait accélérer la transformation numérique et renforcer la compétitivité des entreprises locales sur la scène internationale.