En octobre 2026, Meta imposera des frais aux entreprises utilisant WhatsApp Business. Une aubaine pour ChatPaddi, l’application nigériane qui promet de libérer les Africains de la dépendance aux plateformes étrangères.

Depuis des années, les entreprises africaines subissent les restrictions imposées par les géants technologiques occidentaux. PayPal, TikTok et d’autres limitent l’accès à leurs services pour des raisons géographiques ou sécuritaires. Adebo Adegboye David, fondateur de Adebwebs Technologies, en a assez. Son dernier projet, ChatPaddi, vise à offrir une alternative locale complète aux solutions de messagerie comme WhatsApp Business.

Un super-app pour l’Afrique moderne

Contrairement à WhatsApp Business, qui se contente de gérer les conversations commerciales, ChatPaddi intègre une boutique e-commerce, des fonctionnalités de live-streaming et des fils sociaux. « WhatsApp Business permet simplement de gérer une entreprise, mais ne crée pas de boutique accessible sur internet. Avec ChatPaddi, vous pouvez créer un magasin, publier vos produits, gérer votre activité et connecter les paiements directement depuis l’application », explique Adebo.

Les vendeurs peuvent ainsi importer leurs catalogues, suivre leur stock et traiter les paiements sans quitter l’application. Les acheteurs bénéficient d’une expérience fluide, sans transferts bancaires manuels.

Monétisation et sécurité des données

ChatPaddi est gratuit pour les utilisateurs classiques. Les créateurs de contenu peuvent monétiser leurs lives grâce à des mécanismes de cadeaux virtuels, tandis que les entreprises paient des frais de transaction pour chaque vente. « Lorsque les gens veulent payer une commande, il y a des frais de traitement. Avec nos fonctionnalités live, les utilisateurs achètent aussi des cadeaux virtuels pour soutenir leurs amis. Nous prenons une part de ces cadeaux », précise Adebo.

Conquérir la confiance des utilisateurs africains

Le défi majeur pour ChatPaddi reste de convaincre les utilisateurs africains d’adopter une solution locale plutôt qu’une plateforme étrangère établie. Adebo reconnaît que la méfiance envers les logiciels africains persiste, mais il mise sur la fiabilité et la sécurité pour gagner cette bataille. « Lorsque nous prouverons notre fiabilité, les gens l’utiliseront », affirme-t-il.

Disponible sur Google Play et en attente d’approbation sur l’App Store, ChatPaddi s’inscrit dans une longue série de projets d’Adebo visant à remplacer les plateformes fragmentées par des solutions made in Africa. Parmi ses précédents succès, on compte 9jafinder, Identifyorg et Salesgit.

Une réponse africaine aux défis technologiques

ChatPaddi n’est pas qu’une simple application de messagerie. C’est un symbole de souveraineté numérique pour le continent. En offrant une alternative locale, Adebo Adegboye David entend prouver qu’il est possible de concilier innovation technologique et respect des spécificités africaines. Le succès de ChatPaddi pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère pour les solutions IT made in Africa.