Dans un mouvement stratégique qui illustre l’essor des zones économiques numériques en Afrique, Choplife, la société fondée par le musicien nigérian Mr Eazi, a officiellement transféré ses opérations vers Itana. Cette zone spéciale économique digitale, inaugurée en septembre 2023, attire de plus en plus d’entreprises africaines innovantes cherchant à simplifier leurs opérations transfrontalières.

Itana, qui accueille désormais une cinquantaine d’entreprises, se positionne comme un hub pour les sociétés africaines ambitionnant de conquérir les marchés internationaux. Parmi ses atouts : des comptes multicurrences, un accès facilité aux marchés globaux et un cadre réglementaire conçu pour réduire les frictions administratives. Chinyere Inya, CEO d’Itana, a exprimé sa satisfaction face à l’arrivée de Choplife : « Nous sommes ravis d’accueillir Mr Eazi et son équipe. Leur choix reflète une tendance croissante : les entreprises innovantes optent pour Itana comme plateforme de croissance mondiale. »

Pour Oluwatosin Ajibade, alias Mr Eazi, ce déménagement s’inscrit dans une logique évidente. Choplife, qui produit la majorité de son contenu en Afrique tout en le diffusant à l’échelle mondiale, trouve en Itana un environnement propice à sa croissance. « Itana nous offre l’opportunité de centraliser nos opérations tout en restant ancrés sur le continent », a-t-il déclaré. Cette décision s’inscrit dans la continuité de l’histoire de Choplife, née en 2019 sous le nom d’emPawa Africa avant de s’étendre à divers secteurs comme les événements, la propriété intellectuelle et le sport.

Un écosystème en pleine expansion

Choplife rejoint ainsi des acteurs majeurs comme Reliance Infosystems, Circular Energy et plusieurs plateformes d’IA telles que MasteryHive et Udu Technologies. Ces entreprises partagent une même vision : tirer parti des avantages offerts par Itana pour développer leurs activités à l’international.

Ajibade souligne les défis spécifiques aux entreprises panafricaines, notamment la fragmentation des systèmes de paiement et les lourdeurs administratives. « Chaque fois que nous lançons une nouvelle entité dans un pays, nous devons recommencer tout le processus », explique-t-il. Ce constat est partagé par de nombreux acteurs économiques : les transactions transfrontalières en Afrique coûtent en moyenne entre 7,4 % et 8,3 %, avec des délais d’incorporation pouvant atteindre 20 semaines dans certains pays.

Une vision panafricaine

Pour Choplife, Itana représente bien plus qu’un simple changement de juridiction. C’est un alignement avec ses valeurs fondatrices : construire une entreprise africaine, ancrée sur le continent mais capable de rivaliser à l’échelle mondiale. « Notre objectif est de créer une entreprise véritablement africaine, de sa création à son fonctionnement, tout en atteignant des standards mondiaux », affirme Ajibade.

Ce mouvement illustre une tendance plus large : l’Afrique se dote progressivement des infrastructures nécessaires pour soutenir ses ambitions économiques. Itana, en offrant un cadre réglementaire simplifié et des outils adaptés aux entreprises digitales, pourrait bien devenir un modèle pour d’autres initiatives similaires sur le continent.