Après trois ans d’existence, Gigbanc, la fintech nigériane spécialisée dans les paiements transfrontaliers pour freelances et entrepreneurs, met fin à ses opérations. Ce retrait s’inscrit dans un contexte de plus en plus difficile pour les startups africaines cherchant à lever des fonds. Bien que l’entreprise soit en discussions avancées avec un fournisseur d’infrastructure fintech local pour une éventuelle acquisition, cette fermeture illustre les défis persistants du secteur.
Fondée en 2023, Gigbanc avait pour ambition de fournir une infrastructure financière adaptée aux talents africains travaillant à l’international. La plateforme proposait des portefeuilles multi-devises, des cartes virtuelles en dollars, ainsi que des services de conversion et de paiement. Avec plus de 150 000 utilisateurs dans plus de 30 pays et un volume de transactions dépassant les ₦10 milliards, Gigbanc avait su se positionner comme un acteur clé pour les travailleurs du numérique.
Pourtant, malgré ces succès, l’entreprise a dû faire face à des obstacles majeurs. Paul Omoregie Okundaye, cofondateur et CEO de Gigbanc, a souligné que les coûts élevés liés aux procédures KYC (Know Your Customer) et à l’infrastructure nécessaire pour les paiements transfrontaliers B2C avaient rendu le modèle économique difficile à pérenniser. ‘Nous avons construit Gigbanc avec la conviction que les talents africains méritent une infrastructure financière à la hauteur de leurs ambitions’, a-t-il déclaré. ‘Nous sommes fiers de ce que notre équipe et nos utilisateurs ont accompli ensemble.’
La fermeture de Gigbanc intervient dans un contexte plus large de ralentissement des levées de fonds pour les startups africaines. Au premier semestre 2026, seulement 146 opérations de financement ont été enregistrées, contre 252 lors de la même période en 2025. Bien que le montant total levé ait légèrement augmenté (1,44 milliard de dollars), cette baisse du nombre de deals reflète les difficultés croissantes pour les jeunes pousses d’obtenir des financements.
Gigbanc n’est pas un cas isolé. Ces derniers mois, plusieurs fintechs africaines ont dû cesser leurs activités ou chercher des solutions alternatives. En mai, Chimoney, une autre fintech nigériane spécialisée dans les paiements transfrontaliers, a également fermé ses portes pour des raisons similaires. Ces exemples soulignent l’importance pour les startups de diversifier leurs sources de revenus et d’atteindre rapidement la rentabilité.
Malgré cette fermeture, Gigbanc reste optimiste quant à l’avenir de l’économie numérique africaine. ‘Bien que ce chapitre se termine, nous croyons fermement en la croissance continue du secteur’, a ajouté Okundaye. L’entreprise se concentre désormais sur la finalisation des discussions d’acquisition, un processus qui pourrait offrir une nouvelle vie à ses technologies et à son équipe.
Pour les utilisateurs de Gigbanc, il reste jusqu’au 31 juillet pour convertir leurs soldes en naira et retirer leurs fonds sans frais. Cette période de transition permet aux clients de finaliser leurs opérations en toute sécurité, tout en reflétant les efforts de l’entreprise pour assurer une fermeture ordonnée.
En conclusion, la fermeture de Gigbanc est un rappel des défis persistants pour les fintechs africaines. Dans un environnement de financement de plus en plus compétitif, la capacité à innover et à s’adapter rapidement reste cruciale pour survivre. Pour les investisseurs et les entrepreneurs, ce cas illustre également l’importance de soutenir des modèles économiques viables et d’accompagner les startups dans leur croissance.