La révolution du mobile money a transformé le Kenya, mais l’infrastructure qui la soutient montre des signes de fatigue.

Depuis son lancement en 2007, M-PESA a révolutionné les paiements au Kenya, faisant du pays un leader africain en matière de finance mobile. Pourtant, derrière ce succès apparent se cache une réalité moins glorieuse : un système de paiement fragmenté, inefficace et en retard sur les besoins d’une économie numérique en pleine expansion.

Un succès qui cache des failles structurelles

Le Kenya compte aujourd’hui plus de 50 millions d’utilisateurs de mobile money, avec des transactions dépassant les 8.66 billions de shillings kenyan en 2025. Pourtant, cette croissance spectaculaire repose sur une infrastructure vieillissante et inadaptée aux enjeux actuels. Les commerçants doivent gérer plusieurs comptes bancaires et portefeuilles mobiles, les clients subissent des transactions échouées ou des reversements retardés, et les entreprises perdent un temps précieux à concilier des systèmes disjoints.

L’enjeu n’est plus l’accès aux services financiers, mais la qualité de l’infrastructure qui les soutient.

Les switches : l’élément clé oublié

Alors que l’attention se concentre sur les applications et portefeuilles mobiles, ce sont les switches - ces infrastructures invisibles qui permettent l’interopérabilité entre différents acteurs financiers - qui deviennent stratégiques. Des plateformes comme Kenswitch jouent un rôle crucial en assurant la connexion entre banques, SACCOs, fintechs et autres acteurs du secteur.

Ces infrastructures doivent relever plusieurs défis majeurs :

  • Assurer une interopérabilité totale entre tous les acteurs financiers
  • Réduire les coûts et délais de règlement
  • Garantir la sécurité et la résilience du système
  • Gérer efficacement les fraudes
  • Maintenir une disponibilité maximale du service

Vers un système intégré et intelligent

Le Kenya se dirige vers une économie numérique diversifiée incluant les paiements de covoiturage, le commerce électronique, les services d’abonnement et même les paiements gouvernementaux. L’infrastructure conçue pour la révolution du mobile money en 2007 ne sera pas suffisante pour les besoins de 2030.

Les autorités kenyanes et les acteurs du secteur doivent impérativement investir dans des solutions intégrées, instantanées, à faible coût et intelligentes pour soutenir cette croissance. Le pays a l’opportunité de devenir un modèle africain non seulement pour le mobile money, mais aussi pour les infrastructures financières modernes et efficaces.

Le vrai défi ne sera pas de savoir qui possède le client, mais qui peut connecter l’écosystème dans son ensemble.