Une startup sénégalaise spécialisée dans la santé numérique rejoint les rangs d’une assurance française soutenue par Mbappé

Dans un secteur en pleine mutation, Tanel, une entreprise sénégalaise de santé numérique fondée en 2021 par Mouhamed Ndoye et Makhtar Diop, vient d’être acquise par Alan, une compagnie d’assurance santé française comptant Kylian Mbappé parmi ses investisseurs. Cette acquisition marque un tournant pour Tanel, qui a su se démarquer dans un marché complexe et fragmenté.

Un parcours semé d’embûches mais riche en enseignements

Fondée pour répondre aux défis de la gestion des couvertures santé des employés, Tanel a évolué pour offrir des outils numériques aux entreprises, simplifiant l’accès aux soins et améliorant la transparence des couvertures. Opérant au Sénégal et en Côte d’Ivoire, la startup compte aujourd’hui 70 000 membres répartis dans plus de 400 entreprises, et collabore avec un réseau de 1 200 pharmacies et prestataires de soins.

Les fondateurs, Ndoye et Diop, ont partagé leur expérience lors d’un entretien avec Ventures Platform. Ils ont souligné l’importance cruciale de la proximité avec le marché pour comprendre les problèmes à résoudre. Contrairement aux marchés anglophones africains, où l’écosystème de la santé numérique est plus mature, les marchés francophones présentent des contraintes spécifiques. La confiance ne se construit pas par le marketing, mais par des relations solides. De plus, l’adoption des paiements numériques étant plus lente, Tanel a dû adapter ses solutions en conséquence.

Pivots stratégiques et résilience

Tanel a testé cinq modèles d’affaires différents avant de trouver sa voie. Chaque échec a été une leçon précieuse. Le critère décisif pour distinguer les signaux du bruit a été l’analyse des unit economics. Les fondateurs ont refusé de compromettre leur mission : rendre la santé accessible et abordable en Afrique. Ils ont changé de produit, de modèle et de clientèle, mais jamais de vision.

Construire des infrastructures dans un marché en développement

Les fondateurs ont comparé leur expérience à la peinture sur une toile vierge. Il n’y avait pas de règles établies, ni de précédent à suivre. La construction d’infrastructures de santé nécessite patience, capital et concentration, des ressources souvent absentes chez les startups. Optimiser pour la vitesse n’est pas une option dans ce secteur ; il faut optimiser pour la confiance.

Cette acquisition témoigne de la résilience et de l’innovation dont font preuve les startups africaines dans un secteur aussi crucial que la santé. Elle ouvre également des perspectives prometteuses pour l’expansion de solutions numériques dans les marchés francophones africains.