La seconde moitié de l’année 2026 s’annonce dynamique pour les startups africaines. En juillet, elles ont levé 224 millions de dollars, portant le total des fonds collectés depuis janvier à 1,66 milliard. Bien que ce montant soit en baisse par rapport aux 334 millions de juin, l’essentiel réside dans la destination de ces capitaux.
Une vague verte et électrique
Les énergies propres, les véhicules électriques (VE) et les infrastructures physiques ont capté l’essentiel des investissements. Parmi les 37 deals recensés, 28 ont été rendus publics. Gotion Power Maroc a réalisé la plus grosse levée avec un prêt de 114 millions de dollars accordé par la Banque africaine de développement. Ce financement servira à construire la première usine de batteries pour véhicules électriques du continent.
D’autres acteurs clés ont également bénéficié de soutiens financiers significatifs. M-Kopa, spécialiste kényan du financement d’actifs, a obtenu 30 millions de dollars de la FMO pour développer des prêts dédiés aux vélos électriques et smartphones. Bridgement, plateforme sud-africaine de crédit utilisant l’IA, a levé 20,3 millions de dollars avec le soutien de Rand Merchant Bank et Standard Bank.
L’enjeu des infrastructures pour les véhicules électriques
L’accord de 114 millions de dollars de Gotion Power Maroc et le facility de 30 millions de M-Kopa s’inscrivent dans une tendance plus large : l’adoption commerciale des véhicules électriques. Des startups comme Swap, qui convertit les tricycles à essence en modèles électriques au Nigeria, illustrent cette dynamique. Cependant, le défi majeur reste la mise en place d’infrastructures de recharge abordables dans des zones souvent confrontées à des réseaux électriques fragiles.
La dette, principale source de financement
En juillet 2026, les startups africaines ont privilégié le recours à l’emprunt. La dette a représenté 75,2% des fonds levés (168,55 millions de dollars), contre 24,8% pour les tours de table en capital (55,51 millions). Cette tendance reflète la maturité croissante des entreprises africaines, qui préfèrent emprunter plutôt que diluer leur capital. Les subventions, bien que marginales (95 000 dollars), ont soutenu des initiatives spécialisées via des programmes comme Visa’s She’s Next en Égypte.
Consolidation du marché : 13 opérations en juillet
Après un premier semestre record avec 63 fusions-acquisitions, le mouvement de consolidation s’est poursuivi en juillet. Parmi les opérations notables, on compte la fusion entre Flash et Shop2Shop pour 1,29 milliard de dollars (57,1% du capital), ou encore l’acquisition par Vodacom d’une participation de 20% dans Safaricom. Les mouvements transfrontaliers se multiplient également, comme l’acquisition par Zedcrest Group de la fintech britannique Leatherback.
Cette dynamique financière et industrielle confirme l’Afrique comme un terrain fertile pour les innovations technologiques, avec des perspectives prometteuses pour la transition énergétique et l’électrification des transports.