L’Afrique doit adopter une régulation des télécommunications basée sur des preuves concrètes pour combler ses défis numériques
Alors que le continent africain fait face à des enjeux majeurs comme la fracture numérique et l’adoption limitée des smartphones, les régulateurs des télécommunications plaident pour une approche plus rigoureuse et collaborative. Lors de la 26e Conférence des Plénipotentiaires de l’Union Africaine des Télécommunications (ATU) à Abuja, le Dr Aminu Maida, vice-président exécutif de la Commission Nigériane des Communications (NCC), a souligné l’importance cruciale de régulations fondées sur des données vérifiées et une intelligence du marché.
Des défis communs nécessitant des solutions partagées
Les 54 pays africains partagent des défis similaires : couverture réseau insuffisante, taux d’adoption des smartphones inégaux, lacunes en littératie numérique et cyber-sécurité. Le Dr Maida a insisté sur la nécessité pour les régulateurs de partager leurs expériences afin d’aborder ces problèmes complexes. « Souvent, le défi qu’un régulateur tente de résoudre a déjà été rencontré par un collègue ailleurs sur le continent », a-t-il déclaré.
L’événement, dont le thème était « Construire l’écosystème d’intelligence réseau de l’Afrique pour une régulation fondée sur les preuves », a offert une plateforme pour discuter de l’utilisation optimale des données et de l’intelligence du marché dans la prise de décision réglementaire. Rimini Makama, commissaire exécutive à la gestion des parties prenantes de la NCC, a souligné que les récents développements technologiques comme l’IA et le satellite-to-phone nécessitent des approches réglementaires innovantes.
Vers une collaboration accrue entre régulateurs
Selon les données récentes de l’ITU et du GSMA, entre 60 % et 64 % de la population africaine reste hors ligne ou n’utilise pas activement l’internet mobile. Les obstacles majeurs incluent le coût des appareils, la tarification des services et les barrières de littératie numérique. Pour surmonter ces défis, la NCC encourage les régulateurs à adopter des solutions fondées sur des preuves et à partager leurs connaissances.
Par exemple, si le Nigeria découvre qu’un modèle de licence de spectre améliore le déploiement de la 5G, d’autres pays comme le Kenya ou l’Afrique du Sud pourraient tirer parti de cette expérience plutôt que de réinventer la roue. Cette approche collaborative permettrait d’accélérer les progrès technologiques sur tout le continent.
Conclusion : L’urgence d’une régulation adaptative
Alors que l’Afrique continue de progresser dans le domaine des télécommunications, il est impératif pour les régulateurs d’adopter une approche proactive et collaborative. En partageant leurs connaissances et en s’appuyant sur des données concrètes, ils pourront mieux répondre aux défis actuels et futurs de l’écosystème numérique africain.