550 millions d’Africains sont connectés, mais des obstacles majeurs persistent
En 2025, près de 550 millions d’Africains utilisent Internet, soit 36% de la population continentale. Une progression remarquable depuis 2015 (16%), mais qui reste bien en deçà de la moyenne mondiale (74%). Le véritable défi ne réside plus dans l’extension des réseaux, mais dans la conversion de cette couverture en usage effectif et productif.
Un problème de conversion plus que de couverture
Selon une étude conjointe du Partnership for Digital Access in Africa et GSMA Intelligence, 906 millions d’Africains vivent dans des zones couvertes par la 4G sans pour autant utiliser Internet. Seuls 122 millions n’ont pas accès à une connexion mobile ou fixe. Ces chiffres révèlent que les obstacles principaux sont désormais l’accès aux terminaux, les compétences numériques et la perception de l’utilité d’Internet.
Ghana : quand le réseau existe mais que l’usage stagne
Avec 99% de couverture 4G, le Ghana illustre parfaitement ce paradoxe. Malgré cette infrastructure impressionnante, seulement 43% des Ghanéens utilisent Internet. Les écarts d’usage entre hommes (57%) et femmes (36%) persistent. L’étude révèle des comportements contrastés : 86% des hommes et 82% des femmes utilisent les réseaux sociaux chaque semaine, mais seulement 25% des hommes et 21% des femmes pratiquent le mobile banking. Ces chiffres montrent qu’être connecté ne signifie pas forcément participer activement à l’économie numérique.
Égypte : l’enjeu de la valeur ajoutée des usages
En Égypte, 93% des utilisateurs d’Internet mobile se connectent quotidiennement. Pourtant, seulement 15-16% utilisent des services bancaires en ligne et 13-14% Internet pour générer des revenus. Le pays compte 46,3 millions de portefeuilles mobiles actifs, mais leur utilisation reste limitée aux transferts et recharges. L’Égypte incarne ainsi le défi de transformer l’usage récréatif en opportunités économiques concrètes.
Niger : les défis fondamentaux de l’adoption
Au Niger, 71% de la population reste en dehors des usages Internet malgré l’extension progressive du réseau. Les obstacles identifiés sont la faible alphabétisation, le manque d’appareils adaptés et le faible intérêt perçu pour Internet. Les applications globales, souvent en français et textuelles, ne répondent pas suffisamment aux besoins locaux.
Vers une politique numérique plus ambitieuse
Ces constats appellent à repenser les stratégies de connectivité. L’accent doit désormais porter sur :
- La réduction du coût des terminaux (un smartphone d’entrée de gamme représente 7% du revenu mensuel par habitant)
- Le développement des compétences numériques
- La création de contenus pertinents en langues locales
- L’amélioration de la confiance dans les services en ligne (les fraudes électroniques ont augmenté de 54% en 2025)
L’Afrique doit désormais transformer sa connectivité en levier de développement économique et social. Le défi n’est plus technique, mais humain et sociétal.