Un bond en avant pour l’énergie solaire sur le continent africain

Alors que les importations de panneaux solaires chinois atteignent des sommets historiques, plusieurs pays africains développent parallèlement leurs propres capacités de production. Selon le dernier rapport d’Ember, 50 pays ont enregistré des records absolus en mars 2026, tandis que 60 autres ont atteint leurs plus hauts niveaux en six mois. Les exportations vers l’Afrique ont bondi de 176 % par rapport à février, atteignant 10 GW, tandis qu’en Asie, elles ont doublé pour atteindre 39 GW.

Des records historiques dans plusieurs pays africains

Le Nigeria, le Kenya et l’Éthiopie ont tous franchi pour la première fois le seuil du gigawatt d’importations de technologie photovoltaïque en un seul mois. Le Nigeria a enregistré une hausse spectaculaire de 519 %, soit +1,2 GW par rapport à février. Le Kenya a vu ses importations augmenter de 207 % (+1,4 GW), tandis que l’Éthiopie a enregistré une hausse de 391 % (+1,1 GW). Ces chiffres témoignent d’une adoption accélérée des énergies renouvelables sur le continent.

Vers une production locale

Au-delà des installations solaires, de nombreux pays africains progressent dans la chaîne de valeur solaire en développant leurs capacités de fabrication et d’assemblage. Les exportations chinoises de cellules et de wafers ont dépassé celles des panneaux en octobre 2025, signe que l’assemblage se déplace en dehors de la Chine. Cette tendance s’inscrit dans un contexte mondial où les prix élevés du pétrole et du gaz poussent à la recherche d’alternatives comme le solaire, les batteries et les véhicules électriques.

Un tournant vers l’électricité propre

Le rapport d’Ember publié le 21 avril révèle que les technologies propres atteignent désormais une échelle capable d’amortir les chocs liés aux énergies fossiles. La croissance record de la production solaire en 2025 a permis de remplacer l’électricité produite par le gaz, équivalente aux exportations totales de GNL passant par le détroit d’Ormuz l’année dernière. Par ailleurs, la flotte mondiale de véhicules électriques a remplacé 1,8 million de barils par jour de demande pétrolière en 2025, soit 13 % de la production américaine de pétrole brut.

L’Afrique réduit sa dépendance au charbon

Sur le continent africain, la part du charbon dans le mix énergétique a presque été divisée par deux, passant de 45 % à 24 %, tandis que les énergies renouvelables (26 %) ont dépassé le charbon en 2025. Des pays comme l’Égypte, le Nigeria et l’Algérie, traditionnellement dépendants des énergies fossiles, montrent également des signes de déploiement solaire croissant. Les exportations de panneaux solaires chinois vers l’Afrique ont augmenté de 48 % en 2025 par rapport à 2024, passant de 12,7 GW à 18,8 GW. L’Égypte a plus que doublé ses importations, passant de 1,0 GW en 2024 à 2,3 GW en 2025. L’Algérie a enregistré une hausse de six fois ses importations, passant de 0,35 GW à 2,1 GW.

L’Éthiopie en tête de la production hydroélectrique

L’Éthiopie a enregistré la plus forte augmentation de production hydroélectrique en Afrique en 2025, avec +8 TWh, grâce à la mise en service complète du barrage de la Renaissance éthiopienne, désormais la plus grande centrale hydroélectrique du continent. La production hydroélectrique éthiopienne a presque doublé, passant de 17 TWh en 2023 à 32 TWh en 2025. L’Éthiopie a ainsi représenté 60 % de la nouvelle production hydroélectrique en Afrique en 2025.

Implications pour l’avenir énergétique africain

Ces développements montrent que l’Afrique est en train de transformer son paysage énergétique, réduisant sa dépendance aux énergies fossiles et investissant dans des sources d’énergie plus durables. Avec la montée en puissance du solaire et de l’hydroélectrique, le continent est bien positionné pour jouer un rôle clé dans la transition énergétique mondiale.