En ce début d’année 2026, BitGo, la plateforme américaine spécialisée dans les actifs numériques et l’infrastructure Web3, fait son entrée en fanfare à la Bourse de New York. Une étape symbolique qui consacre l’arrivée des entreprises crypto dans le cercle très fermé des sociétés cotées, soumises aux mêmes exigences de transparence que les banques ou les géants technologiques. Depuis l’introduction en Bourse de Coinbase en 2021 et l’« IPO moment » de Circle, émetteur du stablecoin USDC, en 2025, le secteur crypto s’est imposé comme un acteur incontournable des marchés financiers mondiaux.

L’Afrique, quant à elle, reste en retrait dans cette course aux introductions boursières. Pourtant, le continent s’inscrit pleinement dans cette dynamique mondiale de régulation et d’institutionnalisation des actifs numériques. Les utilisateurs nigérians et sud-africains figurent parmi les plus actifs au monde en matière d’adoption de stablecoins. Pendant ce temps, des régulateurs kényans à rwandais planchent sur des cadres légaux adaptés, tandis que les capitaux du Golfe cherchent à investir sans prendre de risques inutiles.

Au cœur de cette dynamique, BitGo MENA, la filiale Moyen-Orient et Afrique du Nord de BitGo, joue un rôle clé. Nick Coombs, son directeur commercial pour la région, est chargé de transformer l’intérêt des investisseurs du Golfe en partenariats concrets. Ancien banquier ayant occupé des postes clés chez StoneX et Corpay, Coombs a pris un pari audacieux en quittant la finance traditionnelle pour se lancer dans l’infrastructure crypto. Basé à Dubaï, il supervise aujourd’hui une équipe qui dessert des marchés aussi variés que les plateformes africaines de trading ou les fintechs en quête d’infrastructures sécurisées.

Un équilibre entre audace et prudence

À 15 ans, Nick Coombs avait déjà une relation particulière avec l’argent. « Je n’ai jamais été un joueur », confie-t-il. « J’étais plutôt prudent financièrement, même si j’aimais prendre des risques dans d’autres domaines, comme les sports extrêmes. » Cette dualité se retrouve aujourd’hui dans son approche du métier : une combinaison de calcul et de conservatisme. « Quand on gère des actifs pour le compte d’institutions, la légèreté n’est pas de mise », souligne-t-il.

La révélation crypto

C’est à Londres, alors qu’il travaillait dans la finance traditionnelle, que Coombs découvre les cryptomonnaies. Son premier investissement ? L’Ethereum. Très vite, il perçoit le potentiel disruptif de la blockchain pour les services financiers. Le déclic intervient pendant la pandémie de COVID-19, période où il plonge dans l’univers crypto. « J’ai eu une sorte de révélation », raconte-t-il. « Je savais que c’était là que je voulais construire ma carrière. » Un choix audacieux à l’époque, mais qu’il ne regrette pas.

Une journée type à la tête des ventes MENA

BitGo compte sept entités licenciées dans le monde, chacune servant de hub régional. BitGo MENA, créée en mai 2025 après l’obtention de sa licence complète à Dubaï, est l’une d’elles. La journée type de Coombs ? Un mélange de stratégie commerciale et de gestion opérationnelle, avec pour objectif principal : convaincre les institutions locales d’adopter l’infrastructure crypto de BitGo.

L’Afrique dans le viseur des capitaux

Si l’Afrique n’a pas encore produit sa première entreprise crypto cotée, le continent est clairement dans le collimateur des investisseurs. Les régulateurs locaux multiplient les initiatives pour encadrer le secteur, tandis que les fintechs africaines cherchent à sécuriser leurs actifs numériques. Pour Coombs, l’enjeu est clair : « Dans dix ans, les Africains devraient avoir accès à la même infrastructure institutionnelle que leurs homologues occidentaux. » Un défi de taille, mais qui pourrait bien faire de l’Afrique le prochain grand marché des actifs numériques.

L’aventure crypto africaine ne fait que commencer, et BitGo entend bien en être un acteur majeur.