La scène technologique africaine pourrait-elle tirer des enseignements de l’évolution des startups européennes ? L’édition 2026 de TechBBQ, tenue à Copenhague les 26 et 27 août, offre des pistes intéressantes. L’événement a révélé une tendance majeure : l’expansion du champ d’action des startups au-delà des secteurs traditionnels comme les fintechs ou l’e-commerce.

Une diversification technologique inspirante

Parmi les 10 000 participants de TechBBQ, on trouvait des entrepreneurs travaillant sur des technologies quantiques, la biotechnologie ou les systèmes de sécurité. Cette diversité contraste avec l’écosystème africain, où les investissements se concentrent souvent sur les solutions logicielles. Les startups africaines ont excellé dans les services financiers et le commerce électronique, mais l’événement danois suggère qu’il est temps d’élargir l’horizon.

Le Life Science x Deep Tech stage de TechBBQ a rassemblé des acteurs clés travaillant sur l’intelligence artificielle, les sciences de la vie et les technologies quantiques. Cette orientation vers des solutions concrètes pour la santé, l’énergie ou l’agriculture pourrait inspirer les investisseurs africains. L’emplacement même de l’Investor Day, la tour Maersk de l’université de Copenhague, souligne cette tendance : 40 000 chercheurs et 500 startups issues de la recherche y sont concentrés.

Repenser les critères d’investissement

Les deep tech remettent en question les modèles traditionnels de financement. Une startup en biotechnologie peut mettre des années avant d’être rentable, tandis qu’une application mobile montre rapidement son potentiel. Pourtant, ces technologies complexes gagnent en visibilité dans l’écosystème européen.

TechBBQ a organisé un concours de pitch pour les deep tech, ouvert aux entreprises avec moins de 2 millions d’euros de financement. Huit startups ont présenté des solutions pour la santé humaine et planétaire, montrant que les investisseurs s’intéressent de plus en plus à ces secteurs.

Le financement des technologies durables

Les défis posés par les deep tech nécessitent des approches de financement adaptées. Contrairement aux applications logicielles, ces projets peuvent nécessiter des capitaux importants, des partenariats avec les gouvernements ou des subventions. TechBBQ a montré que l’écosystème n’est plus organisé uniquement autour de rencontres entre startups et capital-risqueurs.

Pour l’Afrique, cela signifie qu’il faut repenser les modèles d’investissement. Les problèmes énergétiques, agricoles ou de santé publique du continent nécessitent des solutions complexes qui vont au-delà du logiciel. Les investisseurs africains pourraient s’inspirer de l’approche européenne pour financer ces technologies durables.

Conclusion : une opportunité à saisir

L’évolution des startups européennes vers les deep tech offre des leçons précieuses pour l’Afrique. Le continent pourrait bénéficier d’une diversification technologique similaire, en s’attaquant à des défis concrets comme l’énergie ou la santé. Cela nécessitera une adaptation des modèles de financement et une collaboration accrue entre les secteurs public et privé.

L’Afrique a l’opportunité de tirer parti de cette tendance mondiale pour développer des solutions innovantes adaptées à ses besoins spécifiques. Les investisseurs et entrepreneurs africains pourraient bien trouver dans l’expérience européenne une source d’inspiration pour les années à venir.