Une vision humaine pour les mines africaines
À l’occasion d’Electra Mining Africa 2026, Charl Marais, responsable chez ABB South Africa, a présenté une vision audacieuse pour l’industrie minière africaine. Contrairement aux fantasmes de mines automatisées peuplées de robots, sa proposition repose sur une idée simple : connecter l’ensemble des équipements et systèmes de contrôle en un réseau intelligent. L’objectif ? Permettre aux opérateurs de superviser des opérations souterraines dangereuses depuis des salles de contrôle situées à des centaines de kilomètres.
Du moteur électrique à l’intelligence artificielle
Diplômé en génie électrique de l’Université de Johannesburg, Charl Marais a commencé sa carrière en concevant des moteurs électriques. Son parcours l’a ensuite conduit vers les systèmes de contrôle et l’automatisation industrielle chez ABB. Cette expérience terrain lui a permis de comprendre que la véritable révolution ne réside pas dans les machines elles-mêmes, mais dans leur interconnexion.
La sécurité avant tout
Pour Marais, la priorité n’est pas de remplacer les travailleurs par des robots, mais de les éloigner des zones à haut risque. « Nous avons la responsabilité de retirer les humains des environnements dangereux où leurs vies sont menacées », affirme-t-il. La technologie doit servir de bouclier entre les travailleurs et les hazards, tout en préservant leur expertise.
L’intégration des systèmes : le vrai défi
Le principal obstacle à cette transformation ? La fragmentation des systèmes de contrôle. Un circuit de broyage peut fonctionner sur un automate programmable, tandis qu’un concentrateur utilise un autre système. Le résultat ? Une absence de vue d’ensemble sur l’opération minière.
Marais insiste sur la nécessité de créer un système de contrôle numérique global qui englobe toute la chaîne de valeur. « Nous essayons de convaincre l’industrie que disposer d’un système de contrôle numérique centralisé débloque des capacités considérables en termes d’automatisation », explique-t-il.
Conclusion : l’humain reste maître du jeu
Contrairement aux craintes de déshumanisation, cette révolution technologique place l’expertise humaine au centre du processus. Les travailleurs ne seront pas remplacés, mais repositionnés dans des environnements plus sûrs où leur savoir-faire reste précieux.
L’avenir du mining africain ne se résume pas à des robots et des machines silencieuses. Il s’agit d’une transformation profonde où la technologie sert avant tout à protéger et valoriser le capital humain.