L’essor des métiers numériques liés à la création de contenu
Ce qui commençait comme un passe-temps — publier des vidéos, rédiger des newsletters ou animer des podcasts — est en train de transformer le paysage professionnel africain. Aujourd’hui, un créateur muni d’un smartphone et d’une audience peut gérer une véritable entreprise médiatique. À mesure que son public grandit, les besoins en main-d’œuvre suivent : monteurs vidéo, designers graphiques, négociateurs de partenariats, community managers… L’économie des créateurs génère bien plus que des influenceurs ; elle crée un écosystème entier de nouveaux emplois numériques.
Un marché en pleine expansion
Selon Goldman Sachs, l’économie mondiale des créateurs pourrait passer de 250 milliards de dollars en 2023 à environ 480 milliards d’ici 2027. Les principales sources de revenus identifiées incluent les partenariats avec des marques, la publicité, les abonnements et les dons. Les collaborations avec des entreprises représentaient déjà 70 % des revenus des créateurs au moment de l’étude. La nouveauté majeure ? Les créateurs deviennent de véritables entreprises.
De simples publications à des entreprises durables
Les créateurs africains bâtissent leur audience autour de contenus spécialisés, d’expertise ou de personnalité. Un YouTubeur nigérian en technologie, un créateur culinaire kényan ou un coach sportif ghanais peuvent tous monétiser leur communauté. Les plateformes comme YouTube, TikTok et Instagram offrent une distribution sans précédent : plus besoin de médias traditionnels pour toucher des millions de personnes. Cependant, transformer cette visibilité en revenus stables est un défi.
YouTube illustre bien cette dynamique. Son programme Partner permet de générer des revenus via la publicité, les abonnements Premium, les dons Super Chat ou encore les ventes de produits. Le programme est disponible dans plusieurs pays africains, dont le Nigeria, le Kenya et l’Afrique du Sud. Cette diversification des sources de revenus est cruciale : les algorithmes changent, la publicité fluctue. Les créateurs avisés traitent désormais ces plateformes comme des canaux de distribution, pas comme leur seule source de revenus.
Les multiples visages des revenus créateurs
Si la publicité est le revenu le plus visible, l’économie des créateurs africains repose sur bien d’autres piliers. Les partenariats avec des marques paient pour promouvoir des produits, tandis que le marketing d’affiliation rapporte des commissions sur les ventes. Les produits numériques — e-books, cours en ligne, modèles de design — peuvent être vendus indéfiniment sans stock physique. Les abonnements et pourboires offrent aussi des revenus récurrents.
Ces stratégies sont particulièrement importantes en Afrique, où les paiements des plateformes ne sont pas uniformes. Construire plusieurs flux de revenus réduit la dépendance à un seul algorithme ou programme.
L’émergence d’un écosystème professionnel
Au-delà des créateurs eux-mêmes, cette économie génère des emplois indirects. Des plateformes comme Selar aident les créateurs à vendre leurs produits numériques. En 2023, Selar a enregistré 107 000 utilisateurs affiliés et plus de 187 millions de nairas de ventes, montrant comment un produit peut créer des opportunités pour d’autres.
L’économie des créateurs en Afrique n’en est qu’à ses débuts, mais elle redessine déjà le marché du travail numérique. Un phénomène à suivre de près.