L’environnement, le social et la gouvernance (ESG) deviennent des critères incontournables pour les investisseurs en Afrique. Une initiative tripartite vise à démocratiser ces pratiques parmi les jeunes pousses du continent.
Alors que les critères ESG gagnent en importance dans le paysage des investissements africains, un partenariat inédit entre Talstack, British International Investment (BII) et Ventures Platform entend faciliter leur adoption par les startups. Lancé ce mercredi, ce programme de formation ambitionne de transformer l’approche souvent perçue comme contraignante en un levier de croissance durable.
Un besoin criant sur le terrain
Pour beaucoup d’entreprises africaines, l’ESG reste un sujet abordé tardivement, souvent lors des levées de fonds. Cette approche réactive contraste avec les attentes croissantes des investisseurs : selon une étude Bloomberg Intelligence, 85 % d’entre eux anticipent une augmentation des actifs alloués aux stratégies ESG dans les deux prochaines années. Le défi réside dans l’adaptation de ces principes aux réalités des jeunes entreprises.
Sonal Premjee, directrice des investissements en capital-risque chez BII, souligne un constat récurrent : « Les startups manquent souvent de capacités pratiques en ESG adaptées à leur stade de développement. » Les cadres existants, conçus pour les PME ou grandes entreprises, se révèlent trop complexes pour des équipes réduites. Cette lacune expose les fondateurs à des risques majeurs concernant leurs pratiques RH, leurs chaînes d’approvisionnement ou leur intégrité commerciale.
Une formation sur mesure
Talstack, plateforme d’apprentissage corporate fondée en 2023 par Seni Sulyman et Kayode Oyewole, apporte une réponse concrète à ce défi. Son programme ESG, disponible en autoformation, se compose de quatre modules clés : lieux de travail respectueux, gestion des ressources humaines, lutte contre la corruption et gestion des risques dans les chaînes d’approvisionnement. Chaque module allie théorie et application pratique, avec des évaluations pour valider l’acquisition des connaissances.
L’originalité de cette initiative réside dans son ancrage local. Talstack cible particulièrement les startups nigérianes, kényanes, ougandaises et ghanéennes. Le programme est gratuit pour les entreprises des portefeuilles de BII et Ventures Platform, tandis qu’un abonnement payant (entre 9,46 $ et 113,50 $ annuellement) donne accès à l’ensemble des cours de la plateforme.
Une adoption encouragée par les investisseurs
Ventures Platform, fonds de capital-risque panafricain, prévoit d’intégrer ce parcours ESG dans son processus d’onboarding des fondateurs. Damilola Teidi-Ayoola, Principal chez Ventures Platform, insiste sur leur implication active : « Nous avons contribué aux insights écosystémiques et participé à la revue de contenu pour assurer l’alignement entre les parties. »
Kayode Oyewole, cofondateur de Talstack, rappelle l’importance stratégique de ces critères : « L’ESG n’est pas qu’un ensemble de règles, mais un pilier essentiel pour la croissance durable des entreprises. » En démocratisant ces pratiques, ce partenariat pourrait bien redéfinir les standards de l’entrepreneuriat africain.
L’initiative intervient à point nommé alors que les investisseurs accordent une place croissante aux critères ESG dans leurs décisions. En transformant ces obligations en opportunités, ce programme pourrait bien devenir un modèle pour d’autres initiatives similaires sur le continent.