En 2016, le paysage des startups africaines était radicalement différent de celui d’aujourd’hui. À l’époque, seulement 77 startups avaient levé 367 millions de dollars de fonds de capital-risque, selon Partech. Ces montants, qui semblent dérisoires aujourd’hui, marquaient pourtant le début d’une révolution technologique sur le continent.
Les pays dominants de cette époque étaient le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Kenya, qui concentraient 79,4% des investissements. Le secteur de la finance inclusive attirait alors l’essentiel des capitaux, avec 206,3 millions de dollars investis, soit 56,2% du total. Les fintechs représentaient à elles seules 19% de ces investissements.
Dix ans plus tard, le paysage a radicalement changé. Certaines startups pionnières ont disparu, tandis que d’autres sont devenues des géants technologiques africains. Les fondateurs ont dû adapter leurs modèles économiques, les investisseurs ont révisé leurs stratégies et les régulateurs ont fini par encadrer des secteurs qui n’existaient pas encore lors des premiers investissements.
L’une des évolutions les plus significatives est l’autonomisation de l’écosystème. En 2016, créer une entreprise technologique en Afrique nécessitait de réunir non seulement des clients, mais aussi l’infrastructure, les talents, le capital et les investisseurs. « Nous sommes loin de 2014, quand nous devions supplier les investisseurs pour soutenir des entreprises comme Andela », a déclaré Iyinoluwa Aboyeji, cofondateur d’Andela et de la licorne fintech Flutterwave.
Cette transformation a commencé avec un nombre relativement restreint de paris audacieux. Aujourd’hui, les marchés autrefois jugés trop difficiles sont devenus très compétitifs, tandis que certaines hypothèses sur le boom des startups africaines se sont révélées erronées. Les entreprises qui ont survécu offrent une meilleure compréhension de la décennie écoulée que les simples chiffres de financement.
Le véritable changement réside dans la capacité de l’écosystème à générer sa propre dynamique. Les fondateurs disposent désormais d’un écosystème plus mature, avec des infrastructures solides, une main-d’œuvre qualifiée et un accès facilité aux capitaux. Les investisseurs ont également affiné leurs approches, comprenant mieux les spécificités des marchés africains.
En conclusion, la décennie écoulée a été marquée par une évolution profonde et rapide. Les startups africaines ont non seulement survécu, mais elles ont aussi prospéré dans un environnement en constante mutation. Leur résilience et leur capacité d’adaptation sont des leçons précieuses pour les années à venir.