2026 marque un record historique pour les fusions-acquisitions en Afrique, avec 84 opérations d’une valeur déclarée de 11,4 milliards de dollars.

Depuis le début de l’année jusqu’au 17 août 2026, le paysage technologique africain a assisté à une transformation majeure de son écosystème. Les fusions-acquisitions (F&A), autrefois rares, sont devenues la stratégie privilégiée pour les entreprises cherchant à se développer, obtenir des licences bancaires ou simplement survivre dans un marché de plus en plus compétitif.

Une dynamique sans précédent

Le premier semestre 2026 a été particulièrement actif, avec 84 opérations recensées, dépassant déjà le total de 68 transactions enregistrées sur l’ensemble de l’année 2025. Ce bond spectaculaire, amorcé par un premier trimestre dynamique avec 37 deals, illustre la volonté des acteurs du secteur de consolider leurs positions, mutualiser leurs ressources et s’adapter à un environnement économique exigeant.

Cartographie des opérations : où se jouent les grandes manœuvres ?

L’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Égypte concentrent plus de la moitié des cibles acquises, avec respectivement 22, 12 et 12 opérations. Au niveau régional, l’Afrique australe (24 deals) et l’Afrique du Nord (18 deals) dominent le classement. Parallèlement, les entreprises africaines étendent leur influence à l’international, avec huit acquisitions hors du continent, notamment au Royaume-Uni (4), aux États-Unis (1), en France (1), en Allemagne (1) et au Canada (1).

Les services financiers, secteur phare des acquisitions

Les secteurs lourds où les licences et les réseaux d’agents sont cruciaux attirent particulièrement les investisseurs. Sur les 12 secteurs concernés, les services financiers trustent la première place avec 27 opérations, soit près de 32 % des transactions totales. Cependant, malgré cette activité intense, la majorité des montants restent confidentiels. Seules quelques méga-opérations ont été rendues publiques, représentant un total de 11,4 milliards de dollars.

Parmi les deals marquants figurent l’acquisition par MTN Group de 75 % d’IHS Towers pour 6,2 milliards de dollars, la prise de participation de Vodacom Group dans Safaricom à hauteur de 2,1 milliards de dollars, ainsi que le rapprochement entre Flash et Shop2Shop pour 1,29 milliard de dollars (21,3 milliards de rands).

Fintechs et banques : qui contrôle quoi ?

Un phénomène notable émerge dans le paysage financier africain : l’alliance entre fintechs et banques traditionnelles. Deux approches distinctes se dessinent :

  • Les fintechs acquérant des banques, où les fondateurs conservent le contrôle opérationnel (exemples : Selcom en Tanzanie, Moniepoint au Kenya, Flutterwave au Nigeria).
  • Les banques rachetant des fintechs, avec une prise de contrôle totale sur les orientations stratégiques (exemples : Nedbank et iKhokha, Capitec et Walletdoc).

L’appel des places boursières étrangères

Au-delà des opérations privées, les grandes fintechs africaines envisagent des introductions en Bourse à l’étranger. OPay prépare une levée de fonds de 4 milliards de dollars aux États-Unis, tandis que PalmPay vise une valorisation supérieure à 1 milliard de dollars à Hong Kong. Ces choix reflètent la recherche de liquidités abondantes, de multiples de valorisation attractifs et d’une monnaie stable, éléments cruciaux pour une expansion internationale.

Pour attirer ces géants technologiques, les places boursières locales devront renforcer leur liquidité institutionnelle, simplifier les procédures multi-marchés et réduire les risques de change pour les investisseurs.