En 2026, près de 40 % des Africains restent déconnectés d’internet, non par choix, mais par manque d’infrastructures adéquates. Ce déficit structurel pose un problème bien plus profond que l’accès : il s’agit de la capacité à capturer et retenir la valeur économique générée par le numérique.

Un déséquilibre mondial persistant

Le continent africain ne représente qu’une infime partie des centres de données mondiaux. Avec seulement 61 centres en Afrique du Sud, 23 au Nigeria et 19 au Kenya, l’Afrique est loin derrière des pays comme les États-Unis (3 960 centres), le Royaume-Uni (498) ou l’Allemagne (470). Cette disparité n’est pas un hasard, mais le résultat d’un manque d’investissements dans les infrastructures locales.

Les coûts cachés de la faible connectivité

Les conséquences vont bien au-delà des simples difficultés d’accès. Les entreprises africaines peinent à se développer sans une connectivité fiable, le commerce transfrontalier ralentit faute de plateformes logistiques efficaces, et l’inclusion financière reste limitée. Sans une infrastructure solide, le continent ne peut pleinement participer à l’économie numérique mondiale.

Au-delà de l’accès : la question de la valeur captée

Pendant des années, les efforts se sont concentrés sur l’expansion de la couverture mobile et la réduction des coûts des données. Ces objectifs restent essentiels, mais ils ne suffisent pas. La vraie question est de savoir qui bénéficie économiquement de cette connectivité. Aujourd’hui, la plupart des données africaines sont traitées hors du continent, générant des revenus et des emplois à l’étranger.

Deux principes pour un changement de paradigme

Premièrement, la connectivité est le fondement de la participation économique. Sans elle, les individus et les entreprises sont exclus du marché numérique. Deuxièmement, l’hébergement local détermine la capacité à capturer cette valeur. Un continent connecté mais sans infrastructures locales restera dépendant des acteurs étrangers.

L’Afrique peut-elle inverser la tendance ?

Le continent a déjà prouvé son dynamisme avec des innovations comme le mobile money. La prochaine étape consiste à étendre cette réussite aux infrastructures numériques. En développant des systèmes résilients et ancrés localement, l’Afrique pourra non seulement être connectée, mais aussi retenir une part significative de la valeur générée par son économie digitale en pleine expansion.