L’Afrique, continent mobile par excellence, possède tous les atouts pour devenir un leader des MVNO. Pourtant, ce marché reste à conquérir.

Avec plus de 2000 opérateurs virtuels dans le monde mais seulement 65 en Afrique, le potentiel de développement des MVNO sur ce continent est immense. Selon un rapport GSMA 2025, ce modèle d’affaires favorise l’accès aux services mobiles, diversifie les offres et stimule la concurrence. L’Afrique, avec sa population jeune, son adoption croissante des smartphones et ses importants écarts en matière d’inclusion financière, représente un terrain fertile pour ces acteurs.

Un modèle gagnant-gagnant

Les MVNO, en s’appuyant sur les infrastructures existantes des opérateurs traditionnels, peuvent mieux répondre aux besoins spécifiques des segments de marché mal desservis. Cette collaboration permet aux opérateurs de monétiser leurs capacités inutilisées, tandis que les consommateurs bénéficient de produits plus pertinents, abordables et innovants. En somme, une synergie qui profite à tous.

Les freins au développement : régulation et réticence des opérateurs

Malgré l’enthousiasme des entrepreneurs africains, seulement quelques projets aboutissent. Deux obstacles majeurs entravent cette croissance : l’incertitude réglementaire et le manque d’engagement des opérateurs mobiles.

La régulation varie considérablement d’un pays à l’autre. En Afrique du Sud, les MVNO n’ont pas besoin de licence, contrairement au Nigeria où le cadre réglementaire exige des investissements importants (entre 35 millions et 500 millions de nairas). Le régulateur nigérian reconnaît d’ailleurs que la croissance du secteur est lente.

Par ailleurs, nombreux sont les opérateurs qui voient d’un mauvais œil l’arrivée de MVNO, craignant une perte de clients. En Afrique du Sud, Cell C a été un pionnier dans l’accueil des MVNO, contrairement à ses concurrents comme MTN ou Vodacom.

Le cas nigérian : des licences mais peu de lancements

Depuis 2023, la Nigeria Communications Commission a délivré 46 licences MVNO. Pourtant, à fin octobre 2025, seulement deux services commerciaux ont été lancés. L’un des principaux obstacles est l’accès aux tours cellulaires existantes, essentiel pour le fonctionnement des MVNO.

L’Afrique du Sud en exemple

Le marché sud-africain des MVNO prospère, offrant aux clients plus d’options et créant de nouvelles sources de revenus pour les opérateurs. Ce modèle permet même à des acteurs d’autres secteurs, comme les banques, de s’impliquer dans la téléphonie mobile. En trois ans, une grande banque a ainsi acquis 1,5 million d’utilisateurs actifs.

Si ce modèle était répliqué à l’échelle continentale, des millions d’Africains auraient accès à des services mobiles abordables et fiables, stimulant ainsi la croissance économique.

L’Afrique a tout pour devenir un leader des MVNO. Il ne manque plus qu’une régulation claire et une volonté partagée des opérateurs pour concrétiser ce potentiel.