Dans un paysage technologique en mutation permanente, la formation continue des équipes IT devient un enjeu crucial pour les entreprises africaines. Les directeurs des systèmes d’information (DSI) sont en première ligne pour transformer cette nécessité en avantage concurrentiel.
Un défi à multiples facettes
Gracia Sánchez-Vizcaíno, DSI de Securitas pour l’Ibérie et l’Amérique latine, compare la formation permanente à une seconde nature dans leur métier. « Sans cette mise à jour constante des compétences, les équipes risquent de devenir obsolètes », souligne-t-elle. La rapidité des innovations technologiques, particulièrement dans les domaines de l’IA conversationnelle et de la cybersécurité, impose un rythme soutenu d’apprentissage.
David González, directeur du recrutement IT permanent chez Hays Espagne, observe que les compétences techniques ne suffisent plus. Les soft skills comme la communication, la négociation et le leadership prennent une importance croissante. « La pensée critique est devenue tout aussi essentielle que la maîtrise des outils technologiques », précise-t-il.
Upskilling vs. Recrutement externe
Face à la pénurie de talents technologiques, les entreprises africaines doivent arbitrer entre le développement interne des compétences et le recrutement de profils déjà expérimentés. Magalí Riera, directrice du master en gestion des talents à l’UNIE University, révèle que « le coût de recrutement peut atteindre trois fois celui d’un programme de formation interne bien conçu ». Cette approche présente l’avantage supplémentaire de renforcer la fidélisation des collaborateurs.
Álvaro Ontañón, DSI de Merlin Properties, insiste sur l’importance de la confiance dans son équipe. « Lorsque nous avons une équipe performante avec des profils complémentaires, il est souvent plus judicieux de les former que d’intégrer de nouveaux membres », explique-t-il. Cette stratégie préserve la cohésion d’équipe tout en développant les compétences nécessaires.
Méthodologies efficaces
Les experts s’accordent sur l’importance d’une approche business-first pour les programmes de formation. David González recommande d’analyser les besoins à court, moyen et long terme pour adapter la formation aux réalités du marché. Les méthodes traditionnelles comme les cours vidéo sont jugées inefficaces pour le développement de nouvelles compétences.
Gracia Sánchez-Vizcaíno observe une évolution des méthodes d’apprentissage : « Nous passons de la connaissance théorique à des compétences pratiques et adaptables ». Les échanges dans les canaux Teams, les discussions entre collègues et même l’écoute d’autres entreprises deviennent des vecteurs essentiels de formation. « Plus que jamais, c’est l’apprentissage par la pratique qui prime », conclut-elle.
Créer un écosystème d’apprentissage
Álvaro Ontañón souligne l’importance de motiver les équipes avant toute formation. « Pour que la formation porte ses fruits, il faut un intérêt réel pour le sujet », explique-t-il. Son approche implique les collaborateurs dans le choix des formations, évitant ainsi la perception de contraintes.
Dans un contexte où les technologies évoluent à un rythme soutenu, les entreprises africaines qui investissent dans la formation continue de leurs équipes IT positionnent comme des leaders. Cette stratégie n’est pas seulement un investissement dans les compétences, mais aussi dans la pérennité de l’organisation.