Dans un contexte où l’accès à Internet reste limité, la République Centrafricaine (RCA) vient de prendre une décision qui pourrait bouleverser les habitudes des utilisateurs de Starlink. Les autorités ont en effet suspendu l’utilisation des kits Starlink fonctionnant en mode « roaming », c’est-à-dire achetés à l’étranger et utilisés localement sans approbation nationale. Une mesure qui s’inscrit dans une tendance plus large de régulation des technologies émergentes en Afrique.

Un marché prometteur, mais sous contrôle

Starlink avait lancé ses services commercialement en RCA en mars 2026, dans un pays où la pénétration d’Internet ne dépasse pas 15,5 %. Pour de nombreux Centrafricains, l’importation de kits moins chers ou l’activation du mode roaming étaient les seules solutions pour accéder à une connexion satellite rapide. Cependant, le gouvernement a décidé de mettre un terme à cette pratique, invoquant des préoccupations en matière de sécurité, de traçabilité et de conformité.

Cette décision n’est pas isolée. En 2024, l’Afrique du Sud avait déjà contraint Starlink à suspendre ses services en mode roaming pour des raisons similaires. La RCA suit donc un chemin déjà tracé, mais avec une particularité : le pays vient à peine de lancer officiellement Starlink. Le timing semble donc plus politique qu’économique.

Pourquoi cette régulation ?

Les autorités centrafricaines insistent sur la nécessité de contrôler l’ensemble des équipements télécoms. Tous les appareils doivent désormais être approuvés localement, et les kits en roaming ne répondent pas à ces critères. En d’autres termes, il s’agit de savoir qui est connecté, depuis où et avec quel matériel.

Cette mesure pourrait également être motivée par des considérations financières. Un kit Starlink standard coûte environ 240 000 FCFA (400 dollars), avec un abonnement mensuel de 33 000 FCFA (59 dollars). Pour beaucoup d’utilisateurs, l’importation de matériel depuis des marchés moins chers était non seulement astucieuse, mais aussi nécessaire.

Un équilibre délicat

La RCA se retrouve donc face à un dilemme : permettre l’accès à Internet haut débit tout en maintenant un contrôle strict sur les infrastructures. Les utilisateurs devront désormais choisir entre acheter légalement un kit Starlink ou se passer de cette technologie.

Cette décision pourrait avoir des répercussions sur d’autres marchés africains où Starlink est en pleine expansion. Elle soulève également des questions sur la manière dont les gouvernements africains gèrent l’arrivée de nouvelles technologies, entre protectionnisme et nécessité de régulation.

En parallèle, Nokia renforce sa présence en Afrique avec l’ouverture d’un hub technologique régional en Égypte. Une initiative qui montre que les géants des télécoms continuent de miser sur le continent, malgré les défis réglementaires.