Le talent existe, mais les infrastructures manquent. En Afrique, le sport se heurte depuis des décennies à un défi de taille : la distance. Distance des terrains adaptés, des entraîneurs qualifiés, des recruteurs capables de repérer les pépites locales. Longtemps, cette réalité a été acceptée comme un mal nécessaire pour les fédérations et clubs en dehors des ligues les plus riches du monde.
Aujourd’hui, une vague d’outils mobiles commence à combler ce fossé. Des plateformes en ligne permettent désormais aux entraîneurs des petites fédérations d’accéder aux mêmes ressources techniques que leurs homologues mieux équipés. Le programme Get Into Rugby de World Rugby, déployé avec Rugby Africa, en est un exemple frappant. Plus de 3,5 millions d’enfants ont été initiés au rugby grâce à des ressources hébergées sur la plateforme Passport plutôt qu’en présentiel.
L’analyse vidéo et le repérage à distance suivent la même tendance. ProPath Sports, une plateforme kényane, utilise l’intelligence artificielle pour suivre la progression des jeunes athlètes, fournissant ainsi aux recruteurs des données objectives plutôt que des estimations. En Nigeria, Afriskaut traite les images de matchs pour identifier des talents qui seraient autrement passés inaperçus. En Afrique du Sud, les vests GPS et les plateformes d’analyse en ligne se démocratisent, bien qu’ils restent encore concentrés au niveau des équipes nationales et des écoles bien équipées.
Cependant, ces avancées ne résolvent pas tous les problèmes. La connectivité reste un défi majeur en Afrique subsaharienne, où seulement 25 % de la population utilise l’internet mobile. Ce chiffre chute drastiquement dans les zones rurales, où l’accès à l’électricité est également limité, avec 565 millions de personnes encore privées d’électricité.
La technologie ne suffit pas à elle seule. Pour que ces outils aient un impact durable, il faut des investissements dans les infrastructures de base : électricité, connectivité et accès aux équipements. La technologie n’a pas encore nivelé le terrain dans le sport africain, mais elle a montré ce qui devient possible lorsque l’accès n’est plus un obstacle. C’est une fondation sur laquelle il faut continuer à construire.