Le Kenya vient de franchir une étape majeure dans l’intégration des cryptomonnaies à son écosystème financier. Le pays a officialisé les Virtual Asset Service Providers (VASP) Regulations, 2026, un cadre légal complet pour la licence et la supervision des plateformes d’échange, des fournisseurs de portefeuilles numériques et des émetteurs de stablecoins. Cette mesure, publiée dans le Kenya Gazette Supplement No. 185 sous le Legal Notice No. 134, concrétise la loi adoptée en octobre 2025 par le président William Ruto.
Avec ces nouvelles règles, le Kenya devient l’un des pays les plus avancés d’Afrique de l’Est en matière de régulation des actifs virtuels. Le pays, qui a enregistré près de 19 milliards de dollars d’entrées de cryptomonnaies entre juillet 2024 et juin 2025, selon Chainalysis, se positionne comme un acteur clé du marché régional. Les entreprises souhaitant opérer sur ce marché devront désormais obtenir une licence, respecter des exigences strictes en matière de gouvernance et de capital, ainsi que mettre en place des mesures robustes contre le blanchiment d’argent et la cybercriminalité.
Un cadre strict pour protéger les investisseurs
Les nouvelles réglementations imposent aux entreprises de cryptomonnaies des obligations strictes, notamment en matière de protection des actifs des clients et de conformité aux normes internationales. Elles s’appliquent également aux acteurs étrangers ciblant le marché kenyan, même en l’absence de présence physique dans le pays. Les entreprises devront maintenir des cadres de gouvernance solides, effectuer des vérifications approfondies des clients et conserver les enregistrements des transactions pendant au moins sept ans.
La supervision de ce secteur sera partagée entre deux autorités financières majeures : la Banque Centrale du Kenya (CBK) et l’Autorité des Marchés de Capitaux (CMA). La CBK sera responsable de la supervision des services de conversion d’actifs virtuels en monnaie fiduciaire et des émetteurs de stablecoins, tandis que la CMA supervisera les plateformes d’échange et les offres initiales de pièces (ICO).
Un processus consultatif inclusif
Avant l’adoption définitive des réglementations, le Trésor national avait lancé une consultation publique de quatre mois en mars 2026. Cette phase a permis de recueillir les avis des parties prenantes, y compris les entreprises de cryptomonnaies et les consommateurs. Les acteurs du secteur avaient exprimé des préoccupations concernant certaines exigences de capital et de conformité, craignant qu’elles n’excluent les petits opérateurs du marché réglementé. Malgré ces inquiétudes, le gouvernement a poursuivi ses consultations avec les entreprises avant de finaliser les règles.
Avec l’entrée en vigueur de ces nouvelles réglementations, les entreprises de cryptomonnaies peuvent désormais demander une licence pour opérer légalement au Kenya. Ce cadre réglementaire complet marque une étape cruciale dans l’intégration des actifs virtuels dans le système financier kenyan, tout en offrant une protection accrue aux investisseurs et en renforçant la position du pays comme hub régional pour les technologies financières.