La Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigeria a franchi une nouvelle étape dans la régulation des actifs virtuels en intégrant trois plateformes supplémentaires à son programme Accelerated Regulatory Incubation Programme (ARIP). Cette décision porte à douze le nombre d’entreprises bénéficiant de ce cadre expérimental depuis son lancement en juillet.
Parmi les nouvelles venues figurent Pisi Payment Solutions, maison mère de la fintech nigériane YDPay, BC Access (Nigeria) Limited, entité légale de Blockchain Africa — filiale de l’échange de cryptomonnaies international Blockchain —, et Yellow Card, spécialiste des infrastructures pour stablecoins. Ces admissions leur confèrent un statut d’Approval-in-Principle (AIP), autorisant leurs opérations dans des limites définies, tout en restant soumises à des conditions de supervision continue.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à encadrer formellement les activités liées aux cryptomonnaies, après un ralentissement des admissions en 2025. L’ARIP, lancé en juin 2024, sert de laboratoire réglementaire pour évaluer les nouvelles technologies et modèles économiques avant leur déploiement auprès du grand public. Les premières admissions, comme celles de Busha et Quidax en août 2024, n’ont pas encore abouti à des licences définitives, laissant en suspens les critères de transition vers un statut régulier.
Le Nigeria, malgré des années d’incertitudes réglementaires et des restrictions ponctuelles, reste l’un des marchés africains les plus actifs pour les cryptomonnaies. Les régulateurs adoptent désormais une approche centrée sur la licence, la supervision et la protection des consommateurs. Owen Odia, directeur général pour l’Afrique chez Blockchain, souligne l’importance de ce programme : « Le Nigeria est un marché clé pour les actifs numériques. Notre participation à l’ARIP renforce notre engagement à long terme et permet de collaborer avec la SEC pour établir un cadre protecteur tout en favorisant l’innovation responsable. »
L’admission dans l’ARIP ne constitue pas une licence définitive, mais impose des exigences strictes en capital et gouvernance. Les exchanges et custodians doivent ainsi disposer d’un capital minimal de 2 milliards de nairas (1,5 million de dollars). Cette évolution marque un tournant décisif vers un régime supervisé des actifs virtuels, soutenu par le Virtual Asset Council nigérian, en collaboration avec la Banque centrale du Nigeria (CBN) et le service des revenus nigérians (NRS).
Implications pour l’écosystème crypto africain
Ces développements offrent une visibilité accrue aux startups, investisseurs et acteurs internationaux souhaitant s’implanter dans l’un des marchés les plus dynamiques du continent. Le cadre réglementaire en cours de consolidation pourrait bien devenir un modèle pour d’autres pays africains, combinant innovation et protection des investisseurs.
La SEC nigériane continue de démontrer sa volonté d’accompagner l’évolution technologique tout en assurant la stabilité du marché. Cette approche équilibrée pourrait positionner le Nigeria comme un leader régional dans l’adoption responsable des cryptomonnaies.