Une affirmation surprenante : aucune carte bancaire nigériane n’a jamais été piratée avec succès. C’est l’affirmation audacieuse du commissaire général Uche Henry Ifeanyi, président du groupe de travail africain d’INTERPOL sur la cybercriminalité. Cette révélation a été faite lors du Forum Adhere Compliance, un événement réunissant les acteurs clés du secteur financier nigérian pour discuter des coûts de la criminalité financière.

Une sécurité technologique sans faille

Selon le commissaire Ifeanyi, la sécurité des cartes bancaires nigérianes repose sur une architecture technique robuste. Les rares cas de fraude ne proviennent pas d’une faille dans le système, mais bien souvent de l’ingénierie sociale. Les criminels parviennent à tromper les détenteurs de cartes pour obtenir leurs codes PIN, mots de passe ou autres informations sensibles. « Le problème n’est pas la carte elle-même, mais la manipulation des utilisateurs », a-t-il précisé.

L’évolution de la criminalité financière

Le commissaire Ifeanyi a souligné un changement majeur dans les méthodes criminelles. Depuis 2024, aucun braquage de banque avec armes à feu n’a été signalé au Nigeria. Les criminels ont troqué leurs armes contre des ordinateurs portables, des smartphones et des routeurs. Cette transformation reflète l’essor fulgurant de la cybercriminalité dans le pays.

Les attaques par ransomware, le blanchiment d’argent via les cryptomonnaies et les fraudes alimentées par l’intelligence artificielle sont en forte hausse. Le commissaire a partagé un exemple concret : une opération menée contre un réseau de fraudeurs à Aba, démantelé en seulement 48 heures grâce à une collaboration avec l’agence nationale de criminalité du Royaume-Uni.

Le défi technologique pour les forces de l’ordre

Le commissaire Ifeanyi a mis en lumière un écart crucial entre la rapidité des criminels et les procédures lentes des forces de l’ordre. La saisie d’un compte suspect peut prendre jusqu’à trois semaines, un délai bien trop long pour récupérer des fonds détournés. Il plaide pour l’adoption de solutions basées sur l’intelligence artificielle capables de détecter les comportements suspects en temps réel.

L’impact économique invisible

Le commissaire a également abordé le coût caché de la méfiance généralisée envers les institutions financières. Cette défiance agit comme une « taxe cachée » qui freine l’investissement, réduit l’inclusion financière et ralentit la croissance économique. Un enjeu majeur pour le secteur financier nigérian.

Conclusion

Le Nigeria se positionne comme un leader en matière de sécurité des cartes bancaires, mais le pays doit relever le défi de la cybercriminalité en constante évolution. L’adoption de technologies avancées et une collaboration internationale renforcée seront essentielles pour maintenir cette position de pointe.