Quidax étend ses services B2B à travers 21 corridors africains, une stratégie cruciale alors que les exchanges crypto cherchent des revenus plus stables.

Alors que le marché du Bitcoin traverse une période de turbulence, avec un volume d’échange en baisse de 70 % depuis novembre 2025, les entreprises africaines de cryptomonnaies réorientent leurs activités vers des solutions B2B plus rentables. Quidax, une startup nigériane spécialisée dans les actifs numériques, vient d’élargir ses opérations à 21 corridors, incluant le Nigeria, le Ghana et le Kenya. Cette expansion s’inscrit dans une tendance plus large où les acteurs historiques du secteur se positionnent comme fournisseurs d’infrastructure pour les entreprises.

Une réponse à la baisse des volumes de trading retail

Le 28 juillet, Luno, une plateforme crypto basée au Royaume-Uni avec des opérations en Afrique du Sud, Nigeria, Kenya et Ouganda, a annoncé un plan de licenciement touchant 20 % de ses effectifs. Cette décision s’accompagne d’un recentrage sur les produits institutionnels, face à un affaiblissement de l’activité des traders particuliers. Le marché du Bitcoin a perdu près de 455 milliards de dollars en capitalisation depuis le début de l’année, selon CoinMarketCap. Dans ce contexte, les revenus issus des infrastructures pour entreprises, plus prévisibles, deviennent un enjeu stratégique.

Quidax rejoint ainsi d’autres acteurs africains comme Busha, Yellow Card et Bitnob dans le développement de services basés sur les stablecoins. Le 20 juillet, Busha Business a annoncé un partenariat avec Tether pour distribuer des USDT aux entreprises africaines. La filiale B2B de Busha sert déjà plus de 1 500 entreprises, allant des startups aux grandes entreprises.

Des solutions clés en main pour les transferts intra-africains

Avec plus de 5 000 entreprises clientes dans les secteurs des paiements, remittances, gaming et banque, Quidax se positionne comme un acteur majeur de l’infrastructure financière décentralisée. Morris Ebeiroma, cofondateur et CIO de Quidax, souligne l’importance de ces solutions : « Notre API stablecoin en Afrique de l’Ouest permet à une entreprise nigériane d’envoyer des fonds à un partenaire ghanéen en quelques minutes, contre 48 heures avec les systèmes bancaires traditionnels. »

Le modèle économique de Quidax repose sur des frais prélevés lors des conversions entre monnaies locales et stablecoins, ainsi que pour les retraits en devises fiduciaires. Les tarifs sont personnalisés selon le volume d’opérations de chaque client, bien que l’entreprise ne communique pas sur les montants traités.

Partenariats stratégiques et expansion monétaire

Quidax collabore avec des acteurs majeurs comme Chainalysis pour les solutions de conformité et Tether pour les infrastructures de règlement. Grâce à ce partenariat, les clients entreprises peuvent accéder à des stablecoins comme l’USDT, le USA₮ et même le XAUt, un stablecoin adossé à l’or. Cette diversification permet de couvrir des besoins variés, allant aux opérations de trésorerie aux paiements transfrontaliers.

L’entreprise a également ajouté des options de retrait pour plusieurs devises africaines, dont le naira nigérian, le cedi ghanéen et la rand sud-africaine. Les devises internationales comme le dollar américain, l’euro ou le yuan chinois sont également disponibles.

Vers une Afrique sans frontières financières ?

Buchi Okoro, CEO et cofondateur de Quidax, résume l’ambition du projet : « L’Afrique abrite les économies à la croissance la plus rapide au monde, mais chaque transfert de fonds entre pays implique des frais supplémentaires. Notre infrastructure stablecoin vise à éliminer ces barrières et à créer un marché sans frontières financières. »

Alors que les exchanges traditionnels peinent à s’adapter, les acteurs comme Quidax montrent qu’une approche B2B centrée sur la conformité et l’efficacité peut ouvrir de nouvelles perspectives pour les transferts intra-africains.