Benjamin Toulouze, directeur du capital-risque corporatif (CVC) chez Axian Group, défie les préjugés selon lesquels les CVCs agissent plus lentement que les VCs traditionnels. Avec une équipe basée entre Dubaï et Antananarivo, il a déjà investi dans 33 startups depuis la création de son fonds en 2021.
Une approche africaine du capital-risque
Axian Investment, le bras financier du groupe Axian, opère depuis des positions stratégiques mais atypiques pour un fonds tech : Dubaï et Madagascar. Pourtant, son portefeuille couvre des pépites technologiques à travers le continent, comme MaxAB en Égypte ou LipaLater en Afrique de l’Est. « Nous ne sommes pas obligés d’être physiquement présents à Lagos ou Nairobi pour être efficaces », explique Toulouze. Son équipe de quatre personnes couvre l’ensemble des écosystèmes technologiques africains, avec une attention particulière pour l’Égypte, le Nigeria, le Kenya et l’Afrique du Sud.
La rapidité comme avantage concurrentiel
Contrairement aux idées reçues, Toulouze affirme que son CVC peut prendre des décisions plus rapidement que certains VCs traditionnels. « Nous n’avons pas les lourdeurs administratives que l’on pourrait imaginer », précise-t-il. Les prises de participation, comprises entre 1% et 5%, sont délibérément minoritaires pour éviter les conflits d’intérêts avec les autres activités du groupe.
Des investissements ciblés dans l’ère numérique
Le fonds mise particulièrement sur les technologies souveraines, comme les centres de données STELLAR-IX que le groupe déploie dans quatre pays. Les secteurs prioritaires incluent l’IA, la cybersécurité et les actifs numériques. « La question de la souveraineté des données est cruciale pour l’Afrique », souligne Toulouze.
Un parcours atypique vers le capital-risque
Ancien banquier chez Société Générale, Toulouze a commencé sa carrière dans l’audit avant de se tourner vers l’investissement. Arrivé chez Axian en 2019, il a lancé le CVC deux ans plus tard. « Le rêve d’être proche des entrepreneurs était déjà là », confie-t-il.
Perspectives pour l’avenir
Bien qu’Axian Investment n’ait pas encore réalisé de sortie, son approche semble porter ses fruits. Avec des tickets allant de 50 000 à 1,5 million de dollars par startup, le fonds se positionne comme un acteur clé du financement technologique africain.
L’expérience de Toulouze montre qu’un CVC peut effectivement rivaliser avec les VCs traditionnels, à condition d’adopter une gouvernance agile et de se concentrer sur les besoins spécifiques du continent.