Les institutions financières mondiales font face à une nouvelle vague de cyberattaques sophistiquées, où les pirates ne cherchent plus à infiltrer les réseaux, mais à exploiter l’identité des employés. Une campagne récente, révélée par Google’s Threat Intelligence Group le 6 août dernier, met en lumière les activités du groupe UNC6671, qui a ciblé des géants de la finance tels que Blackstone, Apollo Global Management, Bain Capital et KKR, ainsi que des hedge funds comme Point72 et Citadel.
Une approche insidieuse : l’ingénierie sociale à grande échelle
Plutôt que de contourner les systèmes de sécurité, ces cybercriminels utilisent une méthode plus subtile : ils appellent directement les employés sur leurs téléphones personnels, se faisant passer pour des membres du service informatique. Leur objectif ? Convaincre les victimes de fournir leurs identifiants et tokens d’authentification multifacteur (MFA). Une fois ces informations obtenues, les attaquants redirigent les employés vers des pages de connexion frauduleuses pour capturer leurs données d’accès.
L’ère post-périmètre : la fin des défenses traditionnelles
Avec l’adoption croissante de plateformes cloud et de logiciels SaaS, les attaques par ransomware classiques cèdent la place à des fraudes d’identité exécutées à l’échelle entreprise. Les défenses traditionnelles, conçues pour détecter des logiciels malveillants ou des activités réseau suspectes, deviennent moins efficaces lorsque l’attaquant agit comme un employé authentifié.
Des budgets en hausse face à des menaces évolutives
Selon le rapport « State of Fraud and Financial Crime in the United States » de 2025, 68 % des institutions financières ont augmenté leurs budgets dédiés à la détection de fraudes. Pourtant, 46 % d’entre elles signalent une sophistication croissante des schémas frauduleux, contre 35 % l’année précédente.
Repenser la sécurité dans un monde cloud
Pour les responsables de la cybersécurité, la question centrale n’est plus de savoir si un identifiant est valide, mais s’il doit être fait confiance à ce moment précis. Des comportements inhabituels, comme l’enregistrement soudain d’un nouveau dispositif MFA ou le téléchargement de volumes anormalement élevés de données, doivent désormais déclencher des alertes.
Vers une nouvelle génération de contrôles
Les procédures des help desks doivent également évoluer. Les demandes de réinitialisation de mot de passe ou d’enregistrement de passkey nécessitent désormais des contrôles stricts, tels que des rappels sortants vérifiés et des processus d’approbation spécifiques pour les utilisateurs à haut risque.
Conclusion : l’urgence de l’adaptation
Alors que les institutions financières continuent d’investir dans des solutions cloud et des forces de travail distribuées, elles doivent repenser leur approche de la sécurité. La confiance ne doit plus être accordée par défaut, mais gagnée à travers des contrôles rigoureux et une surveillance continue. Dans ce nouveau paysage, la capacité à détecter et répondre aux comportements suspects sera le facteur clé pour protéger les actifs numériques les plus sensibles.